La fin d’une aventure

C’est jeudi, j’écris au lieu de poétiser… Et je copie-colle le texte que j’avais écrit pour une séance de l’Atelier d’écriture, sur une idée proposée par notre coach, Odile M. : « je ne vous ai rien raconté… »
Après deux saisons d’aventures en écriture, j’abandonne l’Atelier à la prochaine rentrée. Cet exercice ne me convient pas et ne m’apporte rien…

Ah ! Vous écrivez ?
Ne croyez pas que je suis brillante. Brillante imbécile qui croit pouvoir battre le fer avec les mots. Ces mots intimidants ou rassurants selon qu’ils sont savants ou familiers. Je les trouve beaux et intelligents. Ils savent mieux que moi raconter les choses de la vie.

Brillante gribouilleuse pourtant, je noircis des pages quand je suis installée dans mes solitudes, à l’abri des regards.

Mais ici, l’écriture spontanée me fait chavirer.  Le mot barbare « leu-co-sé-lo-pho-bie »,  ce malheur dans mon bonheur, lâche ses syllabes en toute liberté et rallume la petite musique de mes désespérances. Figée, je pense. Mais je pense à rien. J’ai peur. Peur de moi. Devenue soudain brillante cancre, ce jeu de mots me trouble.
Je doute.
L’exercice me tentait pourtant !
Je me raisonne. Ecris-donc des mots ! Ensemble, ils en feront toute une histoire…

Brillante aventurière du presque tout dans mes rêves, je m’enfonce, ici, dans l’abîme du presque rien.  Courage ! Le présent va bientôt s’évanouir. Il mettra de la distance à ma gêne passagère. Après quelques détours, je retournerai à mes espérances, dans mon décor quotidien. Je me nourrirai des mots de l’Immortel pour gagner à ce jeu de hasard.
Car, comme lui, je crois à l’enchantement des possibles. Tout est bien.

Pour une fois, je me suis laissée aller.
Pardon de vous avoir tout raconté…