L’atelier 316 de Leiloona

Leiloona-une photo qq mots

C’était au temps de mes Traboules et de mes Mots passant… Et puis, des petits aléas bloguosphériens m’ont éloignée de l’Atelier d’écriture de Leiloona.

Grâce à Cécile C. j’ai retrouvé la trace de Leiloona ! ICI

Chaque semaine (le mercredi généralement) Leiloona publie une photo. Il faut écrire un texte que nous inspire la photo et les textes sont publiés le lundi.

Pour cette 316e édition
une photo de Hannes Wolf
Leiloona-316e

A Strasbourg, affairée à prendre notes et photos, Soène n’entend pas…

Psitt… 
Du haut de son piédestal, Johannes Gensfleisch zur Laden zum Guntenberg la regarde avec insistance. Il tient de ses deux mains un parchemin où est inscrit « que la lumière fut ».

Gutenberg Strasbourg (1)

Tellement stupéfaite, Soène en lâche presque son portable.

Psitt… Vous, oui vous, la dame aux cheveux d’argent.
Elle se retourne car plusieurs de ses amies ont le même panache blanc.

Vous qui écrivez sur votre carnet alors que vous pouvez prendre des notes sur votre Huawei… On est au XXIe siècle, plus besoin de gribouiller sur une feuille de papier.
C’est moi, Gutenberg, le génial inventeur des caractères mobiles d’imprimerie.
Approchez…

Gutenberg se courbe un peu et parle tout bas.

Je vous observe depuis un moment. Vous avez l’air de m’apprécier. Il faut dire qu’à Lyon, avec votre Musée de l’Imprimerie et de la Communication graphique -quel drôle de nom, pourquoi faut-il que tous ces musées soient rebaptisés ?- et Moi, c’est une longue histoire d’amour. J’ai même entendu dire qu’ils vendaient la dernière réédition du feuillet de ma Bible à 42 lignes car un jeu de caractères mobiles a été volé et qu’ils ne peuvent donc plus imprimer… Je vous jure que ce n’est pas moi l’auteur du larcin, malgré ma réputation de voleur d’idées et d’usurpateur qui me colle toujours à la peau -enfin plutôt au personnage- et même que je n’ai pas copié le Jikji du moine Baegun puisque que je n’étais pas encore né. J’ai vu le jour au 15e siècle seulement -enfin, les Historiens n’en sont pas très sûrs-.

Un peu impatiente, Soène veut en finir avec ce vieillard statufié qui n’en finit pas de parler. Gutenberg s’en aperçoit. Il reprend.

Où en suis-je ? Ah oui, j’y suis. Vous m’écoutez ? 
Pourriez-vous aller rendre visite à Martin Cooper, à Chicago…

Nom d’un gratton, pourquoi faire, s’écrie Soène. Pour fêter l’anniversaire de ce presque nonagénaire né un lendemain de Noël qui plus est, le jour de la Saint-Etienne, la fête de ma fille aînée ?…

Non, non, non, je veux juste qu’il m’apprenne à taper sur un clavier de téléphone, tout petit, tout mini, pour que je puisse l’avoir toujours sur moi. Je pourrai reprendre la plume pour écrire des e-books, comme vous dites maintenant.

Hé, Soène, tu rêves ! Allez viens, c’est l’heure du déjeuner, on t’emmène déguster une choucroute chez Kammerzell. Pas le temps de traîner, le Batorama ne nous attendra pas !

d’après une histoire vraie, « Escapade au Pays de PassiFlore ».