L’atelier 328 de Leiloona – formule 2.2

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ICI Leiloona précise de nouvelles règles pour jouer à « Une photo, quelques mots ». Elle reprend l’ancienne formule au rythme de publication plus soutenu. De temps en temps, au gré de ses photos, je joue.

 

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Elle aimait la symétrie. Sans doute à cause de son métier. Alors que bien des architectes aiment se démarquer et créer « farfelu », depuis sa première année d’études, elle avait choisi de rester dans le classique absolu, avec des lignes droites et épurées, dans un style sobre, presque austère -comme sa vie- s’alliant aux couleurs neutres, toujours dans des nuances de gris.

En façade seulement. Le « paraître » était pour elle très important. Sans doute à cause de son éducation. Ses années d’uniforme en marine et blanc avaient laissé des traces dans ses souvenirs et sa façon de vivre. Rester droite en toutes circonstances, ne pas se faire remarquer, s’imposer une discipline rigoureuse, tout cela elle l’avait appris de ses parents et pendant son parcours scolaire.

La fantaisie ne semblait pas guider ses pas, même si parfois elle se débridait et cassait les codes, à l’intérieur.

D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle rêvait de s’inscrire au Concours des Pensionnaires de l’Académie de France et d’être accueillie toute une année à la Villa Médicis, à Rome. Sans doute à cause du don de son père pour le dessin.
Pour cela, elle avait imaginé la restauration du Fontago dei Tedeschi, « l’entrepôt des Allemands », en obstruant délibérément de nombreuses fenêtres derrière un matériau révolutionnaire qui filtrait la lumière. Quelques trouées blanches en trompe-l’oeil agrémentées d’un faux balcon étaient la seule fantaisie qu’elle concédait pour cette métamorphose, façon « container ».

Elle prenait un risque. Sans doute à cause son petit grain de folie intérieure. Et elle était une battante ne baissant jamais les bras. Soit son projet serait rejeté d’office, soit alors son audace enthousiasmerait le Jury. Elle ne doutait pas de la curiosité des jurés et savait qu’elle les subjuguerait par la découverte de l’intérieur du bâtiment séculaire. Il leur suffirait juste de pousser la porte…