L’Atelier 348 de Leiloona

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Leiloona-348e© The joy of film

consigne : obligation de glisser « chevillette » dans le texte

Colette surveillait d’un oeil attentif et sévère, ses jumeaux Pierre et Louis, qui avaient très envie de plonger du haut de l’écluse désaffectée, moussue et rouillée depuis qu’elle avait été abandonnée à la suite de la construction du Pont-Canal sur l’Orb. Elle n’avait pu retenir un sourire amusé en entendant Pierre crier : « tire la chevillette, la bobinette cherra ». Du haut de ses dix ans, il était passionné de contes et légendes.

Nés à Paris, Pierre et Louis ne connaissaient que le canal Saint-Martin qu’ils adoraient. Leur mère, professeur d’histoire-géo, leur avait expliqué l’histoire des écluses, et ils avaient voulu découvrir les 9 écluses de Fonsérannes à Béziers durant l’été 1981 -« pile-poil 300 ans après la fin de la construction du canal » avait fait remarquer le sage Louis, passionné par l’Histoire de France-.

Ils avaient voulu tout savoir sur cette écluse octuple de 8 bassins et 9 portes, à l’origine. Par un édit royal en octobre 1666, Colbert avait autorisé les travaux du Canal du Midi, l’un des plus anciens canaux d’Europe. Sous le règne de Louis XIV, ce chantier, supervisé par Pierre-Paul Riquet, avait duré moins d’une quinzaine d’années, permettant de relier l’Atlantique à la Méditerranée (le canal du Midi à Toulouse prenant le relais du canal de la Gironde depuis Bordeaux).

Colette n’avait pas manqué de souligner que Léonard de Vinci avait probablement imaginé le principe des écluses au 15e siècle, même si cette affirmation faisait partie des nombreuses légendes sur la vie de ce Génie qu’elle adorait.

Les garçons savaient qu’après cette petite récréation, leur mère leur ferait visiter la Maison du Site, ancienne auberge « Le coche d’eau » où mariniers et chevaux se reposaient, puis admirer « l’escalier d’eau » en soirée, lorsque les écluses étaient ouvertes pour la nuit, et avant de rejoindre l’hôtel, ils iraient voir la cathédrale Saint-Nazaire.