Défi du 20 avec

C’est reparti pour 11 (12) Défis ! La bande des Défieuses a perdu son Défieur. Je le regrette énormément…

Dame Uranie ouvre le Bal des Défis du 20 et nous propose clic :

On dit qu’il vaut mieux avoir plus d’espérance dans l’avenir que de souvenirs passés, mais la question sera : «Quel est votre plus vieux souvenir ? Bon ou mauvais, celui dont il vous reste des images, il vous a tellement marqué, racontez…»

Il me reste des images en tête et une trace indélébile, en effet, de cette aventure personnelle que je vais raconter, mais sans photo du moment. C’était à la fin des grandes vacances, en 1960, au siècle dernier…

Tous les étés, je passais mes deux mois de grandes vacances dans une ferme à Marcy-sur-Anse (Rhône). Mes parents travaillaient, et à l’âge de six ans, ils m’ont planquée là, sur les conseils des dames de la paroisse.

NE-Marcy-1958
moi à Marcy été 1958

J’en parle régulièrement car si au début, j’aimais bien y aller, plus les années passaient et plus je détestais ces deux mois d’été.

Bien sûr, j’ai des bons souvenirs, la balade sur le cochon dans la cour, le dimanche matin après la messe, mes jeux avec les chèvres qui écoutaient mes chagrins le soir en les trayant, mes siestes sur le dos des vaches ou du cheval ensemble dans la même étable, la course avec les petits cabris dans les escaliers qui montaient à la cuisine, la fête de la batteuse, etc.

Mais voilà, mi-août 1960, juste avant mon entrée en 6e, l’accident…

C’était un dimanche. J’avais mis ma robe du dimanche pour aller à la messe. En revenant à la ferme, j’avais mis mon tablier par dessus pour ne pas salir ma robe. Avant le repas, on m’avait priée d’aller à la cave pour tirer une bouteille de vin. Quelques marches menaient dans cette cave où tonneaux et saloir se tenaient compagnie, dans le noir et l’humidité.

J’ai donc rempli la bouteille, et en remontant les quelques marches j’ai glissé sur une feuille de betterave ou autre -là n’est pas la question-, suis tombée, la bouteille s’est cassée, ma robe pleine de vin rouge et… un débris de verre m’a ouvert -un peu- le genou gauche… En sang et en larmes, je suis revenue à la cuisine. La coupure s’avérant profonde, on m’a emmenée chez le médecin qui m »a posé 3 agrafes énormes

Et là, stupeur, en plus de la douleur, le verdict est tombé : jambe allongée le temps que la blessure cicatrise. Aïïïe ! Et mon entrée au Collège Morel -devenue Collège François Truffaut- prévue début septembre… Fichue ?… Impossible !

ex college truffaut
photo du Net

Alors j’ai lutté, je me suis obstinée, et je suis restée la jambe allongée jusqu’à ce qu’on m’enlève mes agrafes. Ouf ! tout s’est bien passé. La plaie s’était refermée quand je suis revenue à Lyon.

Bien sûr, j’en ai voulu à la terre entière, aux gens-bourreaux qui me gardaient à la ferme, à mes parents qui m’y avaient laissée, même blessée, et à moi-même car je me répétais que j’aurais dû faire plus attention… Après bien des années, j’ai réalisé qu’en fait la blessure morale était bien plus importante… Certains proches le savent, les relations avec mes parents ont toujours été plutôt conflictuelles…

Je vous épargnerai une photo de ma cicatrice qui est toujours bien large et bien visible, 60 ans après !

Le Défi du 20 février sera mené par
qui propose :