Challenge « Textes courts » chez Lydia

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Catégorie : Roman
Nom de l’auteur : Claire Keegan
Titre : Les 3 lumières (traduit de l’anglais -Irlande- par Jacqueline Odin)
Nombre de pages : 88 pages

4e de couverture :
« Dans la campagne irlandaise, une fillette est confiée pour quelque temps à un couple sans enfant. Livrée à elle-même, l’enfant pénètre jour après jour un monde étranger, où elle découvre l’innocence et la tendresse de l’été. Peu à peu, des liens se tissent, chacun apprivoise l’autre et les ombres secrètes de sa lumière. Pourtant, certains détail intriguent la fillette… »

On la nomme enfant, fillette, petite, gamine, mouflette, longues jambes, cette petite fille qui a pourtant un prénom charmant, Pétale -que l’on découvre seulement à la page 60-. C’est John Kinsella, l’homme de la famille à qui elle a été confiée en attendant que sa mère accouche, qui l’appelle affectueusement par son prénom.
Intelligente, docile, sale, pas peignée, elle a besoin qu’on lui accorde de l’attention et qu’on l’aime. Elle s’applique donc à faire plaisir. Dans la naïveté de son jeune âge, elle ne comprend pas tout mais perçoit avec clairvoyance les non dits, les secrets et les mensonges des grandes personnes. Elle se rend très vite compte qu’il faut les écouter, mais ne pas tout leur dire et surtout ne pas leur répéter ce que les autres lui disent.
Ainsi, tout au long de ce récit, elle écrit ce qu’elle pense, vit et ressent.

« Il me guide vers le sommet d’une colline pentue sur laquelle, de chaque côté, de grands joncs se courbent et tremblent. Mes pieds s’enfoncent dans le sable épais, et la montée me coupe le souffle. Puis nous voilà sur une crête sombre où la terre finit et un long rivage apparaît et l’eau qui, je le sais, est profonde et s’étend jusqu’à l’Angleterre. Loin, au large, dans l’obscurité, deux lumières vives clignotent. » page 64

« Tout, ce soir, semble étrange : marcher jusqu’à une mer qui est là depuis que le monde est monde, la voir et la sentir et la craindre dans la pénombre, écouter cet homme parler des chevaux en mer, parler de sa femme qui fait confiance aux autres pour apprendre à qui ne pas faire confiance, des paroles qui m’échappent en partie, des paroles qui ne me sont peut-être même pas destinées.
Nous atteignons finalement un endroit où les falaises et les rochers s’avancent dans l’eau. Ici on ne peut pas aller plus loin il faut donc rebrousser chemin. Peut-être que le retour donnera un sens à la promenade »
. page 66.

« – Regarde, il y a trois lumières maintenant à l’endroit où il n’y en avait que deux.
Je porte mes yeux vers le large. Les deux lumières y clignotent comme avant, mais une autre, constante, brille entre elles.
– Tu la vois ? demande-t-il ?
– Oui, dis-je. Elle est là.
Et c’est alors qu’il me prend dans ses bras et me serre comme si j’étais à lui. » pages 67-68


Délaissée dans sa propre famille, elle découvre la douceur, l’intérêt et même la tendresse que lui témoignent les Kinsella, pour compenser…

A nous d’imaginer qui ou quoi est la 3e lumière. Il suffit juste de lire entre les lignes.