Une photo, quelques mots

Il y a bien longtemps que je n’ai pas joué avec Leiloona. Après la photo sans un mot d’Isabelle, mon esprit gamberge avec la photo n° 417 de Diana Parkhouse clic

Il veille, immobile, impassible, patient comme une sentinelle. Les petites fentes de ses pupilles distillent la lumière. Il aime se chauffer aux rayons du soleil. Ses oreilles, bien droites, ne détectent aucun danger imminent. Après un long sommeil matinal et avant celui de l’après-midi, il s’accorde un moment de méditation. A quoi pense-t-il ?
Dans la maison, il entend -car il entend tout !- les bruits familiers de son humaine. Le déjeuner est terminé, les odeurs de viande poêlée -car il sent tout !- et le cliquettement des couverts ont disparu, laissant place au bruit particulier des assiettes qui s’alignent dans la gueule géante de la drôle de machine. Comme d’habitude, il a fait une courte apparition dans le séjour, a miaulé, la queue en point d’interrogation, et a obtenu sa part de protéines, idéale pour son pelage bien brossé. On lui a dit : « c’est fini », alors il a regagné sagement son observatoire, devant la fenêtre.
Perché sur son poste d’observation devant la fenêtre, il surveille les pigeons. Ceux-là ont, certes, la liberté de voler, mais pas la capacité de penser. Du moins, c’est ce qu’il pense. Les pigeons mal aimés des villes ne sont pas des voyageurs. Ils se contentent de rouler leurs yeux tout ronds pour attraper leur pitance en s’agglutinant sur la pelouse.
Lui, bien dans sa vie de chat captif, il ronronne, tout tourne rond !

ce petit texte m’a été inspiré par Natty