Challenge « Textes courts » chez Lydia

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Catégorie : Récits-Nouvelles
Nom de l’auteur : Jacqueline de Romilly, Sociétaire de l’Académie française
Titre : Les Roses de la solitude – Récit 5 : « Tapisseries au petit point »
Nombre de pages : 24 pages

4e de couverture :
« Ce livre est fait de souvenirs et de rêveries : il évoque des objets familiers dont chacun porte la trace de ce qui fut ma vie. D’ordinaire, on les voit à peine ; on y est habitué, on ne fait pas attention.
Mais il se trouve que, parfois, à l’occasion de n’importe quoi et d’un simple instant d’attention donné au passage, on retrouve un peu des souvenirs qui, avec les années, s’y sont attachés. C’est une expérience très simple et très singulière. J’ai voulu tenter de la décrire, sans modifier en rien la vérité ; elle est parfois simplette, parfois naïve, mais peu importe : pour une fois j’ai voulu la dire juste comme elle était, sans rien inventer, sans rien ajouter ni corriger. »

Intentionnellement, j’ai choisi le 5e récit, Tapisseries au petit point, un petit clin d’œil affectueux à mes Aminautes, reines des petits points 😉

A plus de 90 ans et n’y voyant plus guère, Jacqueline de Romilly avait une lectrice. Un jour, lors d’une pause de lecture, en redressant un coussin, elle se sent obligée de lui dire que c’est sa mère que les avaient brodés, comme tant d’autres. Ainsi, de fil en fil, la vieille dame décortique le cours de leurs deux vies, à sa mère et à elle-même, se remémore l’Amour maternel et filial et s’enchante de tous ses souvenirs encore bien vivants.

« Et à présent que je regarde ma vie depuis mes 90 années bien sonnées, je me dis que ces marques sans cesse renouvelées d’une communion complète dans la vie quotidienne continuent leur effet encore à présent.
Là aussi, les petits points de chaque minute, de chaque jour, les petits efforts réguliers de sa tendresse, ont été comme les petits points de la tapisserie : c’était aussi le dessin de ma propre vie qu’elle dessinait ainsi, de son mieux, et avec une tendre application.
Elle m’aurait dit, je crois : « tu es bien solennelle ce coir ! Pourquoi pas un petit whisky pour remettre les choses en place ? » Et j’ai suivi ce conseil, toute seule, mais le cœur léger et l’esprit en paix. »