Les origines des traditions de Noël/5 et 6

5 – Les chants
En anglais, « chant de Noël » se dit carol. Le vocable est une combinaison -mot valise !- du mot grec choraulein, c’est-à-dire une danse au son de la flûte, et de l’ancien français caroller, qui signifiait « danser en ronde ». Ces cantiques auraient été incorporés aux offices religieux par Saint François d’Assise, au XIIe siècle. Chantés au début des messes quotidiennes, ils ont été par la suite réservés à Noël.
La coutume de chanter dans les rues peut être associée à la Rome antique et aux troupes d’artistes, mimes, chanteurs et danseurs, qui allaient de maison en maison durant la fête hivernale des Saturnales. Au Moyen Age, les paysans avaient l’habitude de rendre visite à leur seigneur au Nouvel An afin de chanter et de bénir sa maison en échange d’un vin chaud épicé et d’autres cadeaux. Alors qu’aujourd’hui, ces chants de Noël évoquent plutôt des chorales d’enfants aux joues rebondies en train de célébrer la naissance du Christ, certaines des premières chansons avaient des connotations plutôt menaçantes. Les troupes de chanteurs étaient souvent composées de jeunes gens bagarreurs qui voyaient là l’occasion d’obtenir quelques faveurs des nantis et vouaient aux gémonies quiconque leur refusait l’entrée :
« Nous sommes venus réclamer notre dû
Et si vous n’ouvrez pas la poste,
Nous vous laisseront mort sur le carreau. »


6 – La bûche
La tradition de la bûche de Noël est née en Europe Nord, chez les Scandinaves. Jol ou Jule (prononcé « youle ») était une fête célébrée lors du Solstice d’hiver, en l’honneur de Jolnir, plus connu sous le nom d’Odin, le dieu des boissons alcoolisées, de l’extase et de la mort. On festoyait, on buvait autour de grands feux de joie et on allumait des flambées dans les cheminées.
La coutume s’est répandue dans d’autres parties d’Europe, où l’adoration des arbres était déjà un rituel païen. Les familles s’aventuraient dans les bois pendant la nuit de Noël et coupaient une bûche de chêne qu’ils rapportaient à la maison , tout cela dans une atmosphère festive et en chansons. La bûche était mise dans la cheminée et le feu devait brûler pendant douze jours.
On croyait que cela apportait la santé à la famille, de bonnes moissons pour l’année à venir, et protégeait la maisonnée de la sorcellerie et des démons. Quand le feu s’éteignait, un petit bout de charbon de bois était conservé afin d’allumer la bûche de l’année suivante.
Souvent, les cendres étaient dispersées sur les champs afin d’assurer leur fertilité.
Par la suite, la bûche de Noël fut utilisée comme décoration de table pour le réveillon, et lorsque les cheminées furent remplacées, dans les maisons, par des poêles, la bûche de bois laissa place à la pâtisserie : la bûche au chocolat qui nous est maintenant familière.

bûches de chez Vatel Lyon/image d’archives !