Les Plumes avec Emilieberd

« Levons-nous, le jour bleu colle son front aux vitres, 
La note du coucou réveille le printemps…« *

Depuis que le Printemps est là, j’ai retrouvé la forme et c’est un vrai plaisir de revenir dans notre monde virtuel.

Ca tombe bien, aujourd’hui, Emilie clic propose une séance de Plumes. Et même Miss Aspho a déposé un mot lundi, donc elle va jouer écrire ! Alors, je ne rivalise pas et je fais un billet soénien !

plume2019
Et en même temps, ça tombe mal, c’est samedi…
Hasard du calendrier, réaction immédiate, j’en profite pour imaginer un billet deux en un, avec le Projet de Ma’ « matin » clic. Antiblues va adorer ce mélange des genres !

photo lors d’une balade urbaine, mardi matin, place Croix Paquet
cof

« … Les arbres font danser leurs feuilles déroulées 
Et teignent leurs bourgeons d’un petit point de fard
C’est l’heure puérile où la margelle est rose... »*

Demain, ce sera l’heure d’été, le temps qui s’allonge au soleil généreux.

« Cueille le jour sans te soucier du lendemain et sois moins crédule pour le jour suivant »  Horace

13 mots ont été cueillis d’après le thème Carpe Diem : plaisir – hasard – profiter – cueillir – aujourd’hui – lendemain – rose – serein – poisson – prolifération – latin – immédiate – margelle + désir/décadent/dévore

Vous l’aurez remarqué, avec ce préambule, dix mots sont déjà placés !

Loin de moi l’idée de noyer le poisson avec un blabla inconséquent, même si le désir d’écrire pour ne rien dire me dévore…

J’avoue que j’étais assez sereine, mardi matin, après lecture de la liste sans prolifération de mots implaçables. Pas une seconde, j’ai eu le sentiment d’y perdre mon latin.  Pas une seconde, j’ai eu l’envie de donner un coup de règle (celle, en bois, de Miss Aspho !) à l’auteur assidu du mot tordu  qui tue.

  • extrait du poème Le jour de Cécile Sauvage
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L’atelier 324 de Leiloona

Pour le rendez-vous de mars, Leiloona propose une photo de Sabine Faulmeyer

clic

Leiloona-324e-Sabine Faulmeyer

On apprend à faire du vélo dès le plus jeune âge et cette formation est acquise pour toute la vie… comme la bonne éducation ! Remarquez que beaucoup n’apprennent ni le vélo, ni la politesse…

Vive le miracle de la propulsion musculaire !
D’abord, c’est le landau, puis la poussette, propulsés par une tierce personne. Puis, lorsque l’on tient debout, c’est la draisienne. Quel nom barbare dû -je viens juste de découvrir son origine !- à son inventeur, Karl Drais.

Lorsque l’on sait marcher, on peut alors envisager d’utiliser le tricycle, un vélocipède à trois roues et avec des pédales sur les roues avant.

Au 19e siècle, après l’invention de l’engin sans pédale de Karl Drais, Pierre Michaux et son fils Ernest ont créé un tricycle michaudine avec pédalage directement sur la roue avant. Ayant ajouté une manivelle à pied (comme celle des rémouleurs) à la roue avant d’une draisienne, ils ont ainsi inventé la pédale.

Au Château du Clos Lucé -vous voyez où  je veux en venir !- on peut voir une maquette de vélo réalisé à partir d’un dessin retrouvé au dos d’un feuillet du Codex atlanticus… Et là, une fois encore on ne peut qu’admirer le génie du Vinci !

vélo L de Vinci
image du Net

Les Plumes avec Emilieberd

plume2019

ICI

D’après le thème détente, les mots proposés sont : lézarderdur livres’imprégnercorpsensoleilléapaiserplumeguitarebilboquet + les 3 mots d’Emilie : manquemoinsmalle et le mot qui n’avait rien à faire dans mon texte : élasticité

 

Bill et Boquet ont décidé de se faire la malle pour la Saint-Valentin. Lézarder un weekend à Paris, c’est pas de refus. Leur p’tite folie !

Guitare et tente pliante en bandoulière pour l’un, plume et petit carnet dans sa musette pour l’autre, ils ont fait le choix de minimaliser, par manque d’argent. En plus, c’est tendance, même si, au début, ce dénuement est un peu dur. Tous ces moins soignent le corps et apaisent l’esprit. Et leur Quechua, une fois dépliée, se fondra dans le décor sur le quai.

Se la couler douce sur le canal Saint-Martin ombragé et ensoleillé, le temps que l’Arletty franchisse les 9 écluses et les deux ponts tournants, se remémorer le vieux film de Carné pour l’un et le livre de Eugène Dabit pour l’autre, les voilà tout imprégnés de cette atmosphère très parisienne du siècle dernier.

Main dans la main, yeux dans les yeux, soudain ils éclatent de rire. Atmosphère, atmosphère, mais qu’est-ce que t’as une gueule d’atmosphère, s’écrit-ils en choeur !

Les Plumes avec Emilieberd

plume2019

2e rendez-vous des Plumes d’Asphodèle reprises par Emilie ICI qui a bien fait les choses avec un calendrier précis de collectes des mots clic

Les billets des autres Pluminautes ont été publiés lundi dernier.
Comme j’ai participé à l’Atelier avec Leiloona, j’ai décalé mes Plumes.

crayon fleur

Emilie avait lancé « dessous » et voilà la liste des mots qui nous ont été inspirés :

nuisette – tradition – 36e – fève – noir – tréfonds – envers – tarabiscot – bretelle – musarder – abonnement = 11 mots
et les 3 choisis par Emilie : arcane – affoler – arnaquer
un de ces 14 mots peut être ignoré, ce que je n’ai pas respecté…

cof

« Vieillir, c’est chiant. J’aurais pu dire : vieillir, c’est désolant, c’est insupportable, c’est douloureux, c’est horrible, c’est déprimant, c’est mortel. Mais j’ai préféré «chiant» parce que c’est un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste. Vieillir, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand ça a commencé et l’on sait encore moins quand ça finira… » Bernard Pivot 2011

Un tableau bien noir pour le dernier épisode de la vie. L’année 2019 est pour moi, un tournant dans ma vie, ai-je besoin de le re-redire ?

En même temps, les nuisettes à bretelles ne sont plus d’actualité. Pyjama-chaussettes polaires me sont devenus indispensables, -comme mon abonnement Age d’or des transports en commun lyonnais- pour musarder matin et soir à la maison.

Tout d’même, le texte du Lyonnais célèbre m’a titillée un tantinet. Alors vendredi dernier -un vendredi 13, ça ne s’invente pas- après une nuit blanche de pleine lune, je décidai de rendre visite à Marie-Madeleine, la voyante d’O.

Mauvais présage, certains diront, une cartomancienne qui s’appelle Marie-Madeleine, comme celle dans la tradition chrétienne, risquait-elle de me porter la poisse ?
J’étais donc au 36e dessous à mon arrivée dans sa boutique. L’envers du décor, un petit salon cosy, était plutôt rassurant, murs blancs, décoration sobre, rien à voir avec la vision apocalyptique proposée par mon imagination !

Un seul regard lui suffit pour voir que j’étais affolée. Elle me rassura d’un sourire en retirant ses 22 Arcanes majeures soigneusement rangées dans un coffret sculpté d’étoiles dorées et me pria de tirer 3 cartes, ce que je fis d’une main tremblante.
Se dévoilèrent l’Arcane sans nom, puis la Lune et enfin l’Etoile.

L’Etoile ! Je ne vis qu’Elle et un sentiment confus de soulagement s’installa au tréfonds de moi car avant de prendre ce rendez-vous un peu fou, j’avais étudié le Tarot de Marseille sur internet. Pas d’arnaque, le Hasard avait parlé, l’Etoile sera ma bonne étoile pour gambader sur le chemin de ma septantaine !

L’atelier 323 de Leiloona

Leiloona-une photo qq mots

Leiloona propose une photo de Steve Ramon
clic ICI pour lire tous les billets
leiloona 323e-steve ramon

Ces lignes lumineuses collées sur le mur le fascinent. Ou plutôt non, le déroutent, l’embrouillent. Son esprit cartésien devrait lui faire aimer cette géométrie ordonnée et claire.  Pourtant, la perspective de l’ensemble lui fait l’effet d’un lavage de cerveau. La tête dans du coton, tout enveloppé dans un grand silence opaque, il ne peut rien imaginer des pensées qui ont poussé Steve Ramon à une telle création.

Si, juste un flash. Soudain, il se glisse dans la peau du voleur, svelte et tout de noir vêtu, progressant avec agilité entre ces lignes infrarouges  sans déclencher l’alarme…

Et une petite musique s’invite : « Pas vu, pas pris, c’est la loi des voleurs »… combien de fois a-t-il entendu cette chanson fredonnée par sa mère, fan de Mireille Mathieu ?.. Pas vu, pas pris, dans la ville qui dort, par magie, il ouvre un coffre-fort, pas un bruit, quand le silence est d’or, pas vu, pas pris, le travail achevé, il s’enfuit, pas vu, pas pris, et courez-lui après, courez vite, il a des ailes aux pieds… Pas vu, pas pris, c’est la vieille chanson qu’on écrit sur un air de violon et qu’on lit sur un mur de prison… »

Une voix le sort de sa rêverie. La Prof d’Histoire, la mine sombre et l’air mécontent, le prie de rejoindre son groupe. Rouge de honte, il lui murmure des excuses. Il a une peur bleue car il sait qu’il n’aura aucun avis à donner sur ce sujet lorsqu’il sera interrogé, ce qui rendra sa mère verte de rage en découvrant sa note…

L’atelier 322 de Leiloona

Leiloona-une photo qq mots
Dans un billet de fin décembre ICI Leiloona nous propose une photo de Nick Cooper

Leiloona 322e-Nick Cooper

 

Le nom de ce bistrot du chien noir m’évoque plutôt un pays du Sud, même si le soleil a l’air absent. Ce pourrait être une fin de journée puisque le grand parasol est encore ouvert. Perro negro c’est de l’espagnol, mes quelques années d’apprentissage de cette langue, au collège et au lycée, m’ont laissé quelques connaissances !

Mon intuition n’est pas infaillible et j’avais comme un mauvais pressentiment… Ces briques brunes et austères pourraient bien être une caractéristique d’un pays du Nord, ou de l’Est. Bref ! Le plombier polonais ce n’est pas qu’une légende.

Jerzy s’octroie une pause dominicale avec son épouse. Sa casquette et sa chemise à carreaux ne le quittent guère, tout au long de l’année. Et une Zywiec bien fraîche est un petit plaisir dont il ne pourrait se passer.

euroEn 2005, il était venu travailler en France et il a gagné suffisamment d’argent pour revenir dans son pays y créer sa petite entreprise. Il ne roule pas sur l’or, ici l’argent ne coule pas à flot comme à Paris, et même s’il n’est pas aussi célèbre que le beau Piotr Adamski, son métier de plombier l’a sauvé de la misère.

Aujourd’hui il trinque au succès de son fils aîné, Piotr, -et oui, comme le mannequin devenu banquier- qui a décroché une bourse et va intégrer la prestigieuse brigade des sapeurs-pompiers de Paris. pompier.gif

L’atelier 320 de Leiloona

Leiloona-une photo qq mots

ICI

Leiloona change les règles de cet atelier d’écriture. Désormais, elle proposera une photo mensuelle.

Pour ce lundi, elle a choisi une photo de Tony Wan

Leiloona-320e-Tony Wan

En visite, jeudi dernier, à la Maison des Canuts, à la Croix-Rousse (mes pensées se sont envolées vers les couples de PassiFlore et de Maryline), dans l’atelier où le bistanclaque tissait doucement une pièce de soie fleurie, une idée s’est imposée et mon billet a germé, mi vrai mi faux !

 

Le 2 novembre prochain, Iwasaki revêtira son kimono pour souffler ses soixante-dix bougies. Plié dans du papier de soie, l’habit et le obi qu’elle nouait dans le dos ont subi sans dégât tout ce temps passé depuis qu’elle avait décidé d’abandonner son métier de geisha pour se marier.

Cette étoffe fleurie, sensuelle et raffinée, cette soie fascinante autant que résistante, la mènera, encore une fois -elle le sait- bien loin de la fête qu’elle a décidé d’organiser pour ses amis.

Plus d’une fois dans ses jeunes années, elle s’est glissée, en secret, dans la vie de Xi-Ling-Chi, cette princesse chinoise qui, plus de deux mille ans avant Jésus-Christ, a déroulé ce fil si long et si délicat d’un cocon tombé dans sa tasse de thé, alors qu’elle s’abritait sous un mûrier dans le jardin du palais impérial.

Combien de fois s’est-elle prise pour cette déesse de la soie, dans la maison de thé où elle pratiquait l’Art de la conversation, plutôt que celles de la musique ou de la danse. Son métier de dame de compagnie qu’elle a tant aimé, n’a pourtant duré que quelques courtes années mais ses souvenirs sont toujours aussi neufs et colorés.

cocon soie
photo du Net

Combien de fois a-t-elle imaginé ces milliers de petites chenilles accrochées aux branches des mûriers qu’elles grignotaient avant de baver leur fil précieux pour s’enrouler et mourir sans douleur dans un sarcophage de douceur.

Pour la dernière fois, peut-être, Iwasaki se glissera dans la peau d’une poupée immobile, elle fardera de blanc son visage, peindra ses lèvres, et se fera confectionné un chignon orné de ses peignes et ses épingles à cheveux, bien rangés dans le carton qui protège son dernier kimono.

Redeviendra-t-elle, ce 2/11/2019, cette Xi-Ling-Chi tant rêvée, tant enviée, si vivante dans la légende et dans son esprit ?…

Péril jaune

Arc de triomphe

Bien sûr, vous pensez illico aux 700 millions de Chinois de l’Ami Dutronc !
Et moi, et moi, et moi… j’y pense et puis j’oublie !

J’ai seulement entendu parler de la Révolution de 1789, des deux grandes guerres, des grèves de 1936, mais j’ai vécu Mai 68… J’ai vu, à la télé, les bonnets rouges s’agiter, les verts se déchirer, et voilà que ça recommence, les gilets jaunes sont dans tous leurs états.

Bien sûr, vous étiez sûrs que j’allais dire tout haut ce que j’en pense tout bas ; je fais partie de cette majorité silencieuse qui ne se plaint pas et des 17 millions de Français -sur 37 millions- qui paient des impôts + la CSG majorée pour les retraités !

Comme je suis fière de moi. A quelques mois de ma septentaine, je ne me reconnais pas, je rumine mes colères avant d’en parler… Le résultat est rassurant, mes colères sont moins bleues, je vois moins rouge… !

Et en même temps, je suis (quand même) outrée de constater tout ces débordements. Et devinez quoi, forcément les lycéens boutonneux s’immiscent dans le conflit… Mais que font leurs parents ???

Le gouvernement cherche des gilets jaunes désespérément pour discuter intelligemment tandis que les gilets jaunes cherchent à mettre de l’ordre dans leurs idées et des chefs pour se mettre en ordre de marche…

Et moi, et moi, et moi,
dans mon petit chez moi,
je reste seule avec mon chat,
je regarde toute cette chienlit à la télé
et j’me lamente sans faire de bruit…

Je suis donc une « nantie » ! j’ai une retraite acceptable -pas volée après 45 ans de travail et quelques années galères- et même si je ne « roule pas sur l’or » je ne manque de rien.
D’la chance, y’en a qui diront… Certainement…

Je ne suis pas contre ce mouvement populaire jaune, ni pour d’ailleurs, surtout quand ça finit en chaos. Vandaliser, casser, piller, s’en prendre aux « riches » à quoi ça sert ? Ca ne fera pas avancer les choses. Pourquoi envier ceux qui ont réussi, ceux qui travaillent comme des malades ? Si certains -si beaucoup- réfléchissaient un peu et se bougeaient les fesses au lieu de s’agiter, de leurs chez eux, sur les réseaux sociaux à faire circuler des informations fallacieuses inadmissibles, ils s’apercevraient que leur vie pourrait s’améliorer, et qu’en France, tout n’est pas si mal..

 

Marianne-larme

J’avais préparé ce billet avant le désastre de ce samedi noir 1er décembre 2018, ce jour d’horreur, de terreur, où l’insupportable, l’inadmissible a eu lieu à cause de quelques centaines de diables encagoulés, sous les yeux des gilets jaunes débordés et anéantis. Comment peut-on en arriver là ? Pourquoi laisse-t-on faire ça ? Je suis vraiment en colère, cette fois…
Diables noirs, gilets jaunes, foulards rouges… Que sera le 8 décembre ?…

L’atelier 317 de Leiloona

Leiloona-une photo qq mots

ICI

Leiloona a choisi cette photo de Moren Hsu

Leiloona 317-casier-Moren-Shu

Les Frères Goncourt
Edmond-Jules-Goncourt
image du Net

De nouveaux casiers avaient été installés pendant les vacances d’été au Lycée Chateaubriand de Rennes, et quelques uns réservés pour les 36 élèves de seconde qui allaient participer à la 31e édition du Prix Goncourt des Lycéens 2018.

Fichtre ! Lire 15 romans en quelques semaines seulement était un tour de force pour certains élèves, même volontaires. Quelle belle aventure cependant et quelle fierté de participer à ce choix du roman qui ferait briller son auteur au firmament lors de la cérémonie à l’Hôtel de ville de la capitale bretonne, le 15 novembre.

Après la sélection des 2 000 élèves jurés, les cinq romans finalistes ont été rangés dans les casiers anonymes -pour ne pas éveiller la curiosité des autres élèves-, une couleur attribuée à chaque lecteur.

Quatre femmes et un homme, tous primo-romanciers, participent à ce Prix prestigieux organisé après les Prix Fémina, Médicis, Renaudot, Goncourt, sans oublier, bien sûr, le très sérieux Prix Boncourt attribué par les membres du Club de Lecture de la Médiathèque bariotte.

Il fallait s’y attendre… Après la délibération nationale des 13 lycéens délégués, David Diop est le lauréat… Ecarté de la liste des finalistes du Prix Interallié, malheureux finaliste des 4 autres Prix, l’auteur de Frère d’âme obtient enfin sa revanche et désormais sera habillé d’un ruban rouge. Seuil est au paradis !

D’aucuns diront « encore une ode à l’amitié et à la liberté pendant la première guerre »… Je me garderai bien de livrer, ici, le fond de ma pensée… Les Tirailleurs sénégalais, non merci…