Le Défi du 20 avec Antiblues

Défi du 20

Antiblues a choisi hirondelle et hargne pour les deux mots en H
de ce Défi du 20
clic

Nous, on le connaît, Antiblues, jamais pris au dépourvu, s’est proposé illico pour remplacer au pied levé une Défieuse défaillante plus intéressée par notre grand Défi du 20.
A n’en pas douter, il a puisé dans ses connaissances littéraires pour ce choix de mots.

L’œuvre de l’Immortel Maurice Genevoix l’a donc inspiré, et en particulier le recueil de contes charmants destinés à la jeunesse -mais pas que- « L’hirondelle qui fit le printemps », en 1949 (tiens donc, mon année de naissance 😆 )

M. Genevoix
Et bien sûr, le Goncourt qui avait récompensé son Raboliot, en 1925 :

« Avec mars, des froids terribles étaient revenus du Nord, des hargnes de grésil, des nuits de gel où les grands arbres craquaient du pied jusqu’à la cime, dans l’air limpide et bleu, sous les feux verdissants des étoiles. »

M. Genevoix2

Le Défi du 20 octobre sera mené par Vonnette
avec deux mots en I : iceberg et insouciance

Jeudi en lecture

Toujours prête à jouer, je vais tout vous dire sur mes habitudes de lecture.

Roseleen m’a tentée ! clic
Elle-même tentée par deux de ses Aminautes Marie de Champagne et Colette du Québec.

Roseleen nous invite à reprendre ce questionnaire sur nos Blogs ou sur son billet pour mieux nous connaître 😉

Alors, n’hésitez pas !

As-tu un coin-lecture chez toi ?
Non j’ai tout l’espace de mon appartement. Que dis-je, je partage, en co-loc’, l’espace de Natty !
Je lis dans mon relax ou sur le canapé, très peu dans mon lit, pour m’endormir…

Marque-page ou morceau de papier à l’arrache ?
Malheur, jamais un morceau de papier à l’arrache, je suis bien trop maniaque !
Et mes marques-pages sont tellement sympas, originaux, souvent offerts. En carton, magnétiques, avec une « pendouille », bref, je les adore et j’en change à chaque livre. J’en peins même -enfin ça, c’est nouveau, pour l’En Cas du 10 de PassiFlore !-

Peux-tu t’arrêter de lire à n’importe quel moment ou dois-tu attendre la fin d’un chapitre ou un certain nombre de pages ?
De préférence, je me fixe d’aller à la fin d’un chapitre et si ce n’est pas possible, au début d’une page ou si ce n’est pas possible, au début d’un paragraphe.
Parfois, je me fixe un temps de lecture (je ne peux pas lire des heures durant)

Est-ce que tu bois ou manges en lisant ?
Oui, je bois de l’eau, surtout pendant la canicule, terrée derrière mes volets baissés, et je peux grignoter… je sais, c’est pas bien…
Par contre, je ne lis pas à table, hein. J’ai horreur de ça, n’est-ce pas les ados ? 😉

Musique, télé, durant ta lecture ?
Rien. Il me faut le calme absolu. Ce qui rend ma lecture parfois impossible. Parfois un CD de musique classique en fond.

Un livre à la fois ou plusieurs en même temps ?
En principe, un livre à la fois. Mais si ce que je lis ne m’intéresse que moyennement, il m’arrive d’en attaquer un autre.

Lire à la maison ou lire partout ?
Dans les bus, métros, j’ai du mal à me concentrer et depuis l’épidémie, je n’emporte plus de livre avec moi.
Dans la vie d’avant, si je trouvais un coin tranquille dans un parc, je pouvais lire aussi.

Lire à voix haute ou silencieusement dans ta tête ?
Jamais à voix haute. Je pense que le son de ma voix me détournerait de ma lecture 🙄

Est-ce qu’il t’arrive de sauter des pages ?
Ca m’arrive, en effet lorsque certains chapitres délaient et n’apportent rien à l’histoire. Parfois, je suis donc obligée de revenir en arrière car un détail m’a échappé.

Casser, plier le dos d’un livre ou non, il doit rester comme neuf ?
Bien sûr, il doit rester comme neuf ! Je ne corne jamais non plus une page. De plus, je couvre mes livres, surtout lorsqu’il s’agit de livres brochés. La plupart du temps, les livres de poche subissent la même attention.

Écris-tu dans tes livres ?
Jamais ! Sauf lorsque j’étais étudiante (dans les petits Classiques) où j’écrivais ou soulignais au crayon à papier.
Pour le Club de Lecture, je mets un post-it ou bien je note dans un carnet les pages qui méritent une réflexion.

-_-

C’est déjà fini ?

Et oui, Roseleen, comme toi, j’aurais pu en dire encore beaucoup sur mes habitudes de lecture 😉

Par exemple que je ne sais pas choisir un roman au hasard, que je me fais parfois avoir par l’illustration sur la couverture, que j’aime suivre les avis de certaines et certains Aminautes ou que je me laisse influencer et puis suis un peu déçue, que je ne garde que les livres que j’ai bien aimés, les autres finissant dans d’autres mains ou dans une boîte de livres à donner, que je n’offre que très rarement un livre à une amie par peur de me tromper, j’opte pour un bon-cadeau, que je craque quand je découvre une édition que je n’ai pas encore de l’un de mes deux chouchous (Le Petit Prince et Le Grand Meaulnes), que si j’achète des livres d’occasion, il faut qu’ils soient impeccables, comme neufs, etc.

lire-bulle

Jeudi en méditation

Ici, le jeudi c’est expression libre, en littérature, en cuisine, en gourmandise, en dictées, en mots ou réflexions, etc.

Aujourd’hui, je vous propose un instant de lecture et de méditation avec un chapitre -pas choisi au hasard, hein !- du livre de développement personnel « Agir et penser comme un chat » de Stéphane Garnier -aux Editions de l’Opportun- , le premier livre qui s’inspire du chat pour mieux vivre au quotidien, est idéal avant de reprendre le chemin du boulot !

Agir-et-penser-comme-un-chat-1

Le chat sait dire NON (et il ne s’en prive pas !) pages 75-76
« J’aime bien les chats, ils réfléchissent et ils le gardent pour eux. » Jean-Marie Gourio

Les chats détestent qu’on leur dise ce qu’ils ont à faire. Obéir à un ordre ? Très peu pour eux !
« Pour cela, prends un chien « ! pensent-ils !
Entêté jusqu’au bout des griffes, vous n’en tirerez qu’en de rares moments une action à la suite d’un ordre donné.
Mais en tant qu’humains, aimons-nous les ordres ? Bien sûr que non ! Et pourtant nous les subissons à longueur de journée à notre travail, comme à la maison… Sans même parler de tous les ordres indirects, représentés par tous nos codes de société que nous « devons » suivre à la lettre !
Apprendre à dire non, voilà ce que nous pouvons prendre comme exemple sur le chat !
Cesser de subir sans arrêt les besoins des autres, d’avoir à suivre des directives qui ne nous correspondent pas, jusqu’à finir par ne vivre que dans une forme de soumission à toujours dire oui, quand nous voulions dire non. Que ce soit pour un petit service, devenu une habitude dont vous ne pouvez plus vous défaire par la suite, que ce soit pour une surcharge de travail en dehors de votre mission, qui finit par devenir un acquis auprès des supérieurs et des collègues dans l’entreprise, sans pour autant en tirer la compensation financière qui va avec… Non !
Apprendre à dire non de temps en temps à vos enfants, à votre conjoint, à votre patron, à vos amis, non par pur égoïsme, mais pour préserver votre liberté d’action, votre temps. Car à force de dire oui à tout, tout le temps, à tout le monde, que vous reste-t-il comme temps pour vous, pour accomplir vos tâches comme pour assouvir vos plaisirs ?
Apprendre à dire non, c’est savoir préserver votre temps, votre capacité d’action, votre vie, mais c’est aussi savoir vous faire respecter par cet entourage qui parfois, devant cette incapacité à dire non, saura en tirer injustement parti.
Il faut rétablir la balance entre les ordres et les petits services. Aucun d’entre nous n’a à être au service permanent des autres.

« Non !… C’est Non ! C’est clair ? »

😺
Il existe une Saison 2 !

Jeudi des records…

… Records de chats !
Rien de sérieux, bien sûr, on s’approche de la fin juillet juillet s’achève et la Bloguo est toujours en pédale douce.

chat-a-lunette-2

En feuilletant un petit livre charmant, Le superflutile à un.e ami.e des chats, j’ai adoré ces records (pages 78-79).

Le-superflutile-special-chats
Toutes ces affirmations n’engagent que l’auteure, Raphaële Vidaling

 

« Le plus beau, c’est le vôtre, on n’en doute pas, le plus adorable et adoré.
Voici donc les chats des autres catégories :

Le + gros
Himmy, un chat australien de 21 kg (mort en 1986). Avec un tour de taille de 84 cm et un tour de cou de 38 cm, il se faisait transporter en brouette.

Le + vieux
Puss, chat britannique mort le 29 novembre 1939, à l’âge de 36 ans.

La + grosse portée
Elle comptait 19 chatons parmi lesquels 15 survécurent après césarienne.

La + prolifique
Dusty, qui repeupla le Texas avec ses 420 chatons.

Le + grand voyageur
Il aurait parcouru 800 km en 28 jours, entre l’Yonne et le Tarn, pour retrouver ses maîtres.

Le + chasseur
C’était une chasseuse ! Une chatte écossaise qui aurait attrapé presque 30 000 souris au cours de sa vie, probablement d’après les dires de son maître (l’histoire de dit pas ce qu’il a fait des 30 000 cadavres).

Les + grimpeurs
L’un aurait parcouru 21 m sur la paroi d’un immeuble. Un autre, chaton âgé de 4 mois, suivit des alpinistes jusqu’à 4 478 m d’altitude.

Le + résistant en machine
Oscar, chat britannique -encore !- sortit vivant, en 1994, d’un lave-linge où l’avait fait tourner sa jeune maîtresse (âgée de 4 ans), parce qu’il était couvert de boue.

Le + cher
L’Ashera (nom déposé par la société Lifestyle Pets), génétiquement modifié pour être hypoallergénique et ressemblant à un léopard miniature, vendu au prix catalogue de 27 950 dollars.

Le + riche
Il reçut de son propriétaire un legs de 15 millions de livres sterling.

Les + bling-bling
Phet et Ploy, deux chats rares mariés dans une discothèque thaïlandaise en 1996. Phet arriva en smoking et en Rolls Royce. Ploy, en robe de mariée et en hélicoptère. »

Bon Août
Portez-vous bien, sortez masqués !

cat

Le Défi du 20 avec Dame Uranie

Défi du 20

Pour ce Défi du 20 juillet et sa lettre F
Dame Uranie propose
Fromage et Féroce
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Le corbeau et le renard

Maître Corbeau, sur un arbre colosse,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, à l’appétit féroce,
Lui tint à peu près ce langage :
Et bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois
À ces mots, le Corbeau ne se sent plus de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l’écoute.
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute.
Le Corbeau honteux et confus
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

Merci Monsieur Jean de La Fontaine et pardon pour mon impudence d’avoir sacrifié une rime pour la circonstance…

 

Le Défi du 20 août sera mené par Lydia avec deux mots en G : Gomme et Galantine

Jeudi en gourmandise

cuisine
Pas de popote en ce moment, pas de cocotte sur le feu, il fait enfin trop chaud pour cuisiner.

Stéphane Bern, qui a plus d’une histoire de recette à narrer, nous raconte celle de Vittore Carpaccio dans son livre savoureux Pourquoi sont-ils rentrés dans l’Histoire ?

Stéphane Bern

Comment le nom d’un peintre inconnu est-il devenu celui d’un plat célèbre ?
« Malgré sa table offrant une vue imprenable sur le Grand Canal, la comtesse Amalia Nani Mocenigo arbore une grise mine. A la différence des illustres clients qui se pressent autour d’elle au Harry’s Bar, parmi lesquels Orson Welles, Humphrey Bogart ou encore Ernest Hemingway, elle ne peut savourer les succulentes grillages servies par Giuseppe Cipriani, le chef et patron de ce magnifique restaurant fondé en 1931. Soumise à un régime strict par son médecin, il lui est interdit de manger de la viande cuite !
La comtesse étant une habituée de ce lieu, Cipriani décide, pour lui faire plaisir, de créer un plat composé de fines tranches de bœuf crues simplement accompagnées de mayonnaise.
Nous sommes en 1950, le filet à la Carpaccio vient de naître.

Pourquoi Cipriani ne donne-t-il pas son nom ou celui de la comtesse à son nouveau plat ? Il se trouve que la Cité des Doges accueille au même moment une exposition consacrée à un peintre vénitien du XVIe siècle, peu connu du grand public et dont la vie est entourée de mystères : Vittore Carpaccio. Né vers 1460, Vittore est le fils d’un marchand de peaux. Il étudie la peinture, influencé par les grands maîtres de l’époque tels que Gentile Bellini, Giorgione, Antonio de Messine, mais également par l’école flamande, d’où son goût pour les paysages soignés en arrière-plan, élément essentiel de ses compositions et non pas simple décor. Subventionné par les grandes familles praticiennes de Venise qui passent commande aux nombreuses écoles de peinture que compte la cité, on lui confie de multiples travaux, notamment la décoration des salles du Palais des Doges. C’est là qu’est abrité son tableau le plus célèbre, le Lion de Saint-Marc, peint en 1516 d’après l’emblème de la ville.

lion de St-Marc Vittore Carpaccioimage du Net

Prenons le Vaporetto et revenons en 1950, en compagnie de Giuseppe Cipriani. En fin connaisseur d’Art, il voit tout de suite une correspondance entre la gamme de couleurs, le contraste créé par la viande et la mayonnaise de son nouveau plat et celui formé par les robes écarlates et les bâtiments en pierre de taille peints par Carpaccio…
Le nom de son plat est tout trouvé !

La recette, devenue un classique de la gastronomie, a évolué pour prendre la forme qu’on lui connaît aujourd’hui : des tranches de viande de bœuf crue délicieusement assaisonnées de citron, d’huile d’olive, de basilic et de parmesan pour les plus gourmands !
Classique de la cuisine italienne, le carpaccio de bresaola se prépare quant à lui avec de la viande de bœuf également crue mais séchée. Transformé en nom commun dès son invention par Cipriani, le carpaccio sert de nos jours à désigner une préparation à base de fines tranches, peu importe l’aliment découpé : saumon, thon, pêche, ananas ou encore de la manque.
Qu’en penserai notre comtesse Mocenigo ?

Enfin, il me faut vous prévenir : si vous avez la chance de vous promener le long du Grand Canal et qu’il vous venait l’envie de pousser la porte du Harry’s Bar pour déguster un carpaccio Cipriani style, il vous faudra débourser pas moins de… 58 euros ! Toute légende a son prix. »

carpaccio

Jeudi en Littérature

« Mon chat aime les rats de bibliothèque, les rats des chants, les ratures, les rats d’eau, les erratum, la vérité et les matins doux. » Comme dit mon chat J-M. Sananès

A Lyon, il n’y a pas que la gastronomie. Et ce Lyonnais célèbre ne propose pas que des dictées !

 

Bernard-PIVOTimage du Net

Les mots de ma vie de Bernard Pivot a déjà beaucoup circulé et circule encore. Et c’est toujours un plaisir de lire et relire du Pivot. Merci Annie !

« La vie c’est chiant. J’aurais pu dire, vieillir, c’est désolant, c’est insupportable, c’est douloureux, c’est horrible, c’est déprimant, c’est mortel. Mais j’ai préféré «chiant» parce que c’est un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste. Vieillir, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand ça a commencé et l’on sait encore moins quand ça finira. Non, ce n’est pas vrai qu’on vieillit dès notre naissance. On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant. On était bien dans sa peau. On se sentait conquérant, invulnérable. La vie devant soi. Même à cinquante ans, c’était encore très bien. Même à soixante. Si, si, je vous assure, j’étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme. Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps j’ai vu dans le regard des jeunes, des hommes et des femmes dans la force de l’âge qu’ils ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge. J’ai lu dans leurs yeux qu’ils n’auraient plus jamais d’indulgence à mon égard. Qu’ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m’en rendre compte, j’étais entré dans l’apartheid de l’âge. Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants. «Avec respect», «En hommage respectueux», Avec mes sentiments très respectueux. Les salauds ! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect ? Les cons ! Et du «cher Monsieur Pivot» long et solennel comme une citation à l’ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus !
Un jour, dans le métro, c’était la première fois, une jeune fille s’est levée pour me donner sa place. J’ai failli la gifler. Puis la priant de se rasseoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué. «Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée. J’ai pensé que…» Moi aussitôt : «Vous pensiez que…? — Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous asseoir. Parce que j’ai les cheveux blancs? Non, c’est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, ça été un réflexe, je me suis levée… — Je parais beaucoup, beaucoup plus âgé que vous ? Non, oui, enfin un peu, mais ce n’est pas une question d’âge… -Une question de quoi, alors ? Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois…» J’ai arrêté de la taquiner, je l’ai remerciée de son geste généreux et l’ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre.
Lutter contre le vieillissement c’est, dans la mesure du possible, ne renoncer à rien. Ni au travail, ni aux voyages, ni aux spectacles, ni aux livres, ni à la gourmandise, ni à l’amour, ni à la sexualité, ni au rêve.
Rêver, c’est se souvenir tant qu’à faire, des heures exquises. C’est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent. C’est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l’utopie. La musique est un puissant excitant du rêve. La musique est une drogue douce. J’aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant soit l’adagio du Concerto n° 23 en “la-majeur“ de Mozart, soit, du même, l’andante de son Concerto n° 21 en “ut-majeur“, musiques au bout desquelles se révéleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l’au-delà. Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés. Nous allons prendre notre temps. Avec l’âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement. Nous ignorons à combien se monte encore notre capital. En années ? En mois ? En jours ?… Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital. Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération. Après nous, le déluge, non ? »

Jeudi en Littérature

« Dieu a inventé le chat pour que l’homme ait un tigre à caresser à la maison. »
Victor Hugo

Les chats motsillustration page 135

Ai-je déjà parlé de ce recueil de textes délicieux d’Anny Dupérey, Les chats mots, illustré par « les silhouettes de chats et les signes calligraphiques de l’artiste Sonja Knapp ?

Chats mots A. Duperey
page 137, texte de Jacques Sternberg « Contes glacés » clic

« Au commencement, Dieu créa le chat à son image. Et bien entendu il trouva que c’était bien. Et c’était bien d’ailleurs. Mais le chat était paresseux. Il ne voulait rien faire. Alors plus tard, après quelques millénaires, Dieu créa l’homme. Uniquement dans le but de servir le chat, de lui servir d’esclave jusqu’à la fin des temps. Au chat, il avait donné l’indolence et la lucidité ; à l’homme il donna la névrose, le don du bricolage et la passion du travail. L’homme s’en donna à cœur joie. Au cours des siècles, il édifia toute une civilisation basée sur l’invention, la production et la consommation intensive. Civilisation qui n’avait en réalité qu’un seul but secret : offrir au chat le confort, le gîte et le couvert.
C’est-à-dire que l’homme inventa des millions d’objets inutiles, généralement absurdes, tout cela pour produire, parallèlement, les quelques objets indispensables au bien-être du chat : le radiateur, le coussin, le bol, le plat à cuire, le pêcheur breton, le tapis, la moquette, le panier d’osier et aussi peut-être la radio puisque les chats aiment la musique.
Mais de tout cela les hommes ne savent rien. A leurs souhaits. Bénis soient-ils. Et ils croient l’être. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes des chats. »

Jeudi en dictée

4 juin : « Il est impossible qu’on ne parvienne point à sentir que dans son chat, on possède un ami de très bonne compagnie. »
François-Augustin Paradis de Moncrif

maîtresse

Les collégiens sont à nouveau au boulot, enfin pour les 4e et 3e si j’ai tout bien suivi. Alors une dictée sera la bienvenue pour cette courte reprise avant les vacances d’été 🙄

 

dictées

Pour la dictée, les Aminautes sont invitées/és à se joindre aux élèves pour plancher sur ce texte savoureux de Bernard Pivot, spécialiste des dictées de concours.

Après l’avoir simplement recopié, je pense avoir mis la barre un peu haut (je me serais trouvé des fautes !)

« Les mots ont la bougeotte. Seuls ou groupés, ils forcent les frontières, passent par-dessus les vallons, les vallées et les puys, s’immiscent dans nos fourre-tout, voyagent avec nos nippes et nos affûtiaux. Voudrait-on les empêcher de s’envoler tous azimuts que cela se révélerait inopérant. Car les mots sont cachés dans notre bouche, embusqués derrière nos quenottes, notre luette et nos amygdales.
Sitôt arrivés à Montréal, à Canberra ou à Kinshasa, à peine avons-nous, les uns ou les autres, desserré les lèvres, que les mots, pressés de s’égailler dans la nature, s’échappent comme des étourneaux. Les mots sont d’infatigables globe-trotteurs.
Ils se jouent des fouilles et des censures. Les mots sont libres comme l’air. Mais, de tout temps, les mots se sont battus pour vivre. Que de verbes et d’adjectifs, frappés d’obsolescence, se sont retirés du trafic !
Que d’onomatopées se sont ressemblé*, concurrencées, apostrophées, nui, exclues ! Que de substantifs caducs et prétentieux de petits-maîtres se sont laissé supplanter par les mots succulents des rastaquouères ! Le vocabulaire détonnant et drolatique des sans-culottes a eu l’heur de régénérer substantiellement la langue. Tes esbroufes d’hier, ô ma langue ! sont devenues prosaïsmes rabâchés d’aujourd’hui. Que de fois t’es-tu retrouvée, ma douce péronnelle, ballottée au gré des modes imprévisibles !
Maintenant tout va plus vite, et les mots, eux aussi, se sont mis au prêt-à-porter, au clonage, à l’apocope spontanée. « Je cause, tu causes, il cause… »
La plus belle cause, c’est la langue. »

* si un Prof de Français peut m’expliquer pourquoi ressemblé de s’accorde pas en genre et en nombre avec onomatopées, j’en serais très heureuse 😉

 

 

Citation du jour :
« Un seul tout.
C’est peu qu’en un ouvrage où les fautes fourmillent,
Des traits d’esprit, semés de temps en temps, pétillent.
Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu ;
Que le début, la fin répondent au milieu ;
Que d’un art délicat les pièces assorties
N’y forment qu’un seul tout de diverses parties,
Que jamais du sujet le discours s’écartant
N’aille chercher trop loin quelque mot éclatant. »
Nicolas Boileau

Jeudi en gourmandise

21 mai : « Une chatte tricolore dans un foyer y garantit le bonheur. »
Proverbe asiatique
proverbe approuvé par Miss Natty !

Natty fenêtre (5)

 

Pendant 55 jours les cuisines ont connu un franc succès, les moules à gâteaux sont sortis des placards et les fours ont surchauffé.

Avec le temps frisquet de la semaine dernière et ce déconfinement trrrès progressif, en plus des gâteaux, on a mijoté des gratins avec une sauce béchamel.

Vous êtes-vous interrogées/és sur l’origine de ce nom ?

Stéphane B. nous explique pourquoi la sauce béchamel doit son existence au Marquis Louis de Béchameil (pages 74-75)

Stéphane Bern

« Après les potages, hachis et panades apportés au premier service, les bouillons, ragoûts, fricassés et pâtés en croûte feuilletés servis au deuxième, vient enfin le troisième service.

Dans une chorégraphie minutieuse, un cortège de gardes apporte alors les rôtis de perdrix, de faisans, de bécasses, de ramiers et de dindons, de poulets et de lapins. Autour de la table on compte quatorze gardes, deux officiers de bouche, le capitaine des gardes du corps et un goûteur.

Ce protocole n’est guère extraordinaire, c’est même ainsi chaque jour ! Rien n’est laissé au hasard quand il s’agit du souper de Louis XIV. Mais c’est un soir particulier. La foule de courtisans qui se presse comme à l’accoutumée pour assister au souper royal a les yeux tournés vers une saucière en argent qui trône au centre de la table : le Roi va goûter une nouvelle sauce faite à base de jus de viande et d’échalotes, mise au point par son maître d’hôtel, Louis de Béchameil.

Ancien financier très avisé et fournisseur des armées du Roi, celui qui fut Marquis de Nointel puis surintendant de la maison du Duc d’Orléans avant de devenir maître d’hôtel du Roi-Soleil n’en est pourtant pas à son coup d’essai Il a en effet déjà su s’attirer les bonnes grâces du Roi, dont la gourmandise bien connue (la légende dit qu’il se rendait souvent malade en mangeant à l’excès des petits pois dont il raffolait) est satisfaite par sa cuisine riche et raffinée.

Ce n’est pas la première fois que Béchameil effectue des sauces pour Louis XIV, mais celle-ci est spéciale. Finalisée dans les cuisine du château de Nointel, dans l’Oise, elle reprend un monument de la gastronomie française.

Sa recette a été élaborée par François-Pierre de La Varenne, cuisinier du Marquis d’Uxelles, et consignée par ses soins dans son ouvrage incontournable publié en 1651, le Cuisinier français. Pour réaliser cet accompagnement, originellement à base de crème, Pierre de La Varenne se serait lui-même inspiré, dit-on, d’une sauce rapportée d’Italie par Catherine de Médicis.

On imagine alors pourquoi notre Louis de Béchameil a les mains moites : s’attaquer à un tel héritage gastronomique. Un aromate de travers et c’est le crime de lèse-majesté !

Mais, on le sait, cette sauce gourmande ravira Louis XIV qui s’en léchera les babines. Il ordonnera d’ailleurs qu’on la fasse servir le plus souvent possible. Forte de l’engouement du Roi-Soleil, cet assaisonnement prendra bien vite le nom de celui qui l’aura revisité, Louis de Béchameil. Ainsi connu sur toute les tables nobles comme la « sauce à la Béchameil », elle se transformera par glissement et par simplification graphique en « sauce béchamel ».

Un succès que jalousera le vieux Duc d’Escars qui déclara, un peu amer : « Est-il heureux, ce petit Béchameil ! J’avais fait servir des émincés de blancs de volaille à la crème plus de 20 ans avant qu’il fût au monde et, voyez, pourtant je n’ai jamais eu le bonheur de pouvoir donner mon nom à la plus petite sauce ! »

manger-bien-bouger