Jeudi en souvenirs

14 mai : « Jamais je ne pus comprendre que la viande n’appartient pas aux chats. »
Maurice Genevoix

 

Les jeudis « littéraires » reprennent. Tout le temps du confinement, un Ami randonneur nous a transmis des textes, histoires, chansons, vidéos et nous invitait à partager avec le Groupe « confinés mais inspirés » nos découvertes et coups de cœur.

Ce texte m’a beaucoup touchée et m’a replongée -une nouvelle fois- dans mon enfance :

grand-mère

Vous souvenez-vous du tablier de votre grand-mère ?

Les mères et grand-mères portaient un tablier par-dessus leurs vêtements pour les protéger car elles avaient peu de robes de rechange.

 En fait, il était beaucoup plus facile de laver un tablier habituellement en coton qu’une robe, une blouse ou une jupe, faites d’autres tissus.

 Le principal usage du tablier de grand-mère était donc de protéger la robe, mais en plus de cela  :

– Il servait de gant pour retirer un plat brûlant du fourneau, bien avant l’invention des « mitaines à fourneau ».

 – Il était merveilleux pour essuyer les larmes des enfants et, à certaines occasions, pour nettoyer les frimousses sales.

 – Depuis le poulailler, le tablier servait à transporter les œufs, les poussins à réanimer, et parfois les œufs à moitié éclos, que maman déposait dans un fourneau tiède afin de faciliter leur éclosion.

 – Quand il y avait de la visite, le tablier servait d’abri aux enfants timides. d’où l’expression : «Se cacher dans les jupons de sa mère».

 – Par temps frais, maman le relevait pour s’y emmitoufler les bras et les épaules, par temps chaud, alors qu’elle cuisinait devant le poêle à bois, elle y épongeait la sueur de son front.

 – Ce bon vieux tablier faisait aussi office de soufflet, alors qu’elle l’agitait au dessus du feu de bois pour le ranimer.

  C’est lui qui servait à transbahuter pommes de terre et bois sec jusque dans la cuisine

 – Depuis le potager, il servait de panier pour de nombreux légumes ; après que les petits pois aient été récoltés, venait le tour des choux.

 – En fin de saison, il était utilisé pour ramasser les pommes tombées de l’arbre.

 – Quand des visiteurs arrivaient à l’improviste, c’était surprenant de voir avec quelle rapidité ce vieux tablier pouvait faire la poussière.

 – A l’heure du repas, grand-mère allait sur le perron agiter son tablier, c’était signe que le dîner était prêt, et les hommes aux champs savaient qu’ils devaient passer à table.

 – Grand-mère l’utilisait aussi pour sortir la tarte aux pommes du four et la poser sur le rebord de la fenêtre, afin qu’elle refroidisse ; de nos jours sa petite fille l’y pose aussi, mais pour la décongeler… Autres temps, autres mœurs !

 Il faudra de bien longues années, avant que quelqu’un invente un vêtement, qui puisse rivaliser avec ce bon vieux tablier utile à tant de choses.

On deviendrait bien fou aujourd’hui rien que de songer à la quantité de microbes qui pouvaient s’accumuler sur le tablier en une seule journée !!

En réalité, la seule chose que les enfants de l’époque aient attrapée au contact du tablier de maman ou de grand-maman, c’est de l’amour.

 

Mes 3 kifs du 13 mai :
Des bulles pour mon Anniversaire
Les masques de courtoisie en tissu de BaBaYaYa
Ouf ! Mamert, Pancrace et Servais sont passés

Sts glace

Corona-journal/J-32 – corrigé du devoir

Google corona virus9

 

Ne piaffez plus, voilà enfin la solution que vous attendiez !
Pas facile mais c’était une bonne révision pour certains départements.
Il m’en manquait 5 : Savoie – Vienne -Gironde – Aisne – Allier

Merci d’avoir joué

J’étais assis au bar en train de boire un CALVADOS tandis que je regardais un clochard faire la MANCHE
Une dame vint s’asseoir à côté de moi ; elle portait un manteau de LOIR et j’en fus impressionné car je sais que le LOIR ET CHER
Nous engageâmes la conversation, et ce qui me charma chez elle furent SAVOIE et ses yeux DOUBS
Au bout de quelques minutes, elle me demanda de monter chez elle. Il fallut donc que je VIENNE et j’acceptai sans crier GARD
Elle ne perdit pas le NORD. Nous entrâmes dans sa chambre, et à peine arrivés, elle se déshabilla … ses seins étaient magnifiques, elle les AVEYRON !!!
En fait cette fille était vraiment GIRONDE et l’on s’amusa jusqu’à l’AUBE.
L’exercice ça CREUSE, aussi, au petit matin, je lui proposai du jambon, du saucisson et du CANTAL
Elle fut si contente de ce petit déjeuner, qu’elle m’appela son HERAULT et me demanda une SOMME que je refusai de payer, trouvant que c’était trop CHER
Elle me fit alors une terrible SEINE et je vis dans ses yeux une terrible AISNE
A cet instant, j’aurais eu bien besoin d’un ALLIER car elle me lança son sac au visage et me donna un coup de pied dans le BAS RHIN
Tout finit par s’arranger, mais avec des histoires pareilles, elle JURA qu’on ne l’y prendrait plus.

Jeudi en gourmandise

C’est le temps idéal pour cuisiner et pâtisser. Certaines bloguinettes en usent et abusent 😉 Non, non, je ne dénoncerai personne !

Alors je suis retourner lire Stéphane Berne ! Dans son choix de Pourquoi sont-ils entrés dans l’Histoire ? j’ai choisi l’histoire de l’intemporelle tarte Tatin (pages 61-62)

Stéphane Bern

Les Soeurs Tatin
Leur doit-on vraiment ce dessert si renversant ?

« Dans le petit village solognot de Lamotte-Beuvron, Fanny et Caroline Tatin tiennent un hôtel-restaurant. Cette auberge est bien connue des chasseurs parisiens, attirés par la région giboyeuse, et de la belle société y faisant escale au cours de leurs voyages sur la toute nouvelle ligne de chemin de fer qui relie Paris et Toulouse. Un dimanche d’ouverture de la chasse, à la fin de l’année 1898, les deux femmes, un peu débordées par l’affluence, auraient malencontreusement enfourné à l’envers leur déjà célèbre tarte aux pommes fondantes. Constatant que les fruits situés en dessous avaient délicieusement caramélisé, elles auraient décidé de la servir telle quelle, pour le plus grand bonheur des clients !

On entend dire que cette histoire ne serait qu’une légende, inventée en 1927 par le grand critique culinaire Maurice Edmond Sailland dans un numéro de son guide La France gastronomique pour amuser les journalistes parisiens. Créée de toutes pièces ou non, cette histoire a le mérite de faire franchir au dessert des Soeurs Tatin -près de dix ans après leur mort- les frontières de Lamotte-Beuvron. Ainsi, dès le début du XXe siècle, les clients du chic restaurant parisien Maxim’s se régalent d’une tarte aux pommes renversée.
On raconte cette fois-ci que le propriétaire du restaurant aurait fait espionner les deux Soeurs pour subtiliser leur recette, tout en baptisant le dessert « tarte des Demoiselles Tatin ». Les fables s’additionnent.

Poursuivons l’enquête. La première version écrite de la recette nous provient de Marie Souchon, institutrice lamottoise et amie de Fanny. Après avoir décrit les étapes nécessaires pour réaliser cette délicieuse tarte -non sans nous donner l’eau à la bouche avec des « bon morceaux de beurre- et une « bonne couche de sucre en poudre »-, elle précise que cette recette « a été inventée par la cuisinière du Comte de Chatauvillard, qui possédait un château à quelques kilomètres de Lamotte-Beuvron et qui a passé la recette à Fanny Tatin »…

Alors, qui croire ? A vrai dire cela n’a guère d’importance, tant qu’il est possible d’en savourer une part ! Aujourd’hui, cette douceur est le plus souvent servie avec de la crème fraîche ou une boule de glace : une hérésie pour les membres de la Confrérie des lichonneux, une assemblée de Lamottois créée il y a tout juste quarante ans avec pour mission de « faire respecter la recette traditionnelle du fameux dessert des Demoiselles Tatin ». La tarte doit impérativement, selon eux, être servie sans accompagnement, on l’aura compris !

Ce qui n’est pas une histoire, en revanche, c’est le plaisir procuré par cette tarte, comme nous le rappelle un article de l’écrivain et homme politique parisien Gabriel Hanotaux, publié en 1899. Ce dernier nous fait revivre, au milieu des bruits de couverts et des éclats de voix, un repas de chasseurs : « le diapason monte, éclate, jusqu’au moment où apparaît la tarte de Mademoiselle Tatin. (…) Un cri de satisfaction part de toutes les poitrines, une joie des yeux va au-devant de la galette triomphale. Elle est découpée, servie, avalée. »

A vos fourneaux ! »

tarte-tatin
image du Net

Comme je n’ai pas trouvé une telle recette chez Miss Gleni, je vous propose un autre blog ICI

Jeudi en Littérature

Philippe Delerm est un auteur de référence pour le Gone du Sud.
J’aime bien aussi cet auteur.
La semaine dernière, durant mes mini-promenades, je délaissais les allées à l’ombre pour marcher au soleil -il ne faut pas oublier de se faire quelques cures de luminothérapie, c’est essentiel pour le moral- et j’ai repensé à l’un des livres de Philippe Delerm, Le trottoir au soleil.

4e de couverture : « A soixante ans on a franchi depuis longtemps le solstice d’été. Il y aura encore de jolis soirs, des amis, des enfances, des choses à espérer. Mais c’est ainsi : on est sûr d’avoir franchi le solstice. C’est peut-être un bon moment pour essayer de garder le meilleur : une goutte de nostalgie s’infiltre au coeur de chaque sensation pour la rendre plus durable et menacée. Alors rester léger dans les instants, avec les mots. Le solstice d’été est peut-être déjà l’été indien, et le doute envahit les saisons, les couleurs. Le temps n’est pas à jouer ; il n’y a pas de temps à perdre. »

En choisissant le côté du soleil malgré toutes les ombres, Philippe Delerm distille dans ces brefs récits le temps qui passe. Il nous livre mieux que personne l’essence de ces petits riens qui composent la vie.

Le trottoir au soleil
J’ai une pensée émue pour tous les futurs mariés obligés de reporter leur cérémonie de mariage. Une vraie cata car un mariage ça se prépare pendant mois et là patatras !
Leur faut tout annuler… Et dans le pire scénario, certains mariages n’auront jamais lieu…

pages 18-19 : On n’est pas invité !

« On en croise les samedis de printemps. Quand il fait beau, on dit : « ils ont de la chance. » Mais c’est une bien plus grande chance de ne pas faire partie du mariage. Rien de pire que le bonheur obligatoire. Tout le monde est là, gourmé, empesé, en petits groupes souriants et gênés sur l’esplanade de la mairie ou le parvis de l’église.
La conversation ne prend pas, car on attend les mariés, dans une focalisation si appuyée que leur apparition muselle un peu les commentaires enthousiasmes. Après la cérémonie, il y a le soulagement de prendre les voitures. Au moins du mouvement, un bol d’air. Les hommes se précipitent dans un élan qui donne un semblant de souplesse au port amidonné de leur costume. « On vous emmène, Christiane ? » Les femmes posent une main sur leur chapeau. Dans l’habitacle refermé, on va enfin se lâcher à grands coups de klaxon. C’est loin ? Non, quelques kilomètres, il y a un jardin au bord de l’eau. Ils y sont venus jeudi prendre les photos. 
Après, il y a les petites tables rondes, et, quand on a trouvé son carton, l’inquiétude d’avoir à estimer l’intensité de la contrainte à la lecture des cartons voisins. Ca, c’est quand on est ami seulement, ou dans la famille éloignée. Il va falloir alors lancer à tout moment des c’est joli, des c’est très bon, et des ils sont très beaux, en lançant les prolégomènes d’une conversation artificielle, si éprouvante quand on se dit qu’on ne reverra sans doute jamais ces gens-là, et qu’il faut pétiller d’assentiment juste pour une fois.
Mais c’est bien pire encore quand on est au coeur de la cible. Les mariés ne savent jamais si tout le monde est satisfait, qu’est-ce qu’elle veut ta mère, elle pense qu’il faut qu’on se lève pour aller faire le tour des tables. Avant, après, il y a d’âpres luttes entre les familles à propos du Sancerre et du croustillant de foie gras. Le montage vidéo souvenir de l’école de commerce réjouit grandement le côté d’Hélène, mais le côté de Christophe est plus pincé, on ne le voit presque pas. Après la pièce montée, la sono suscite des commentaires aigres-doux, mais c’est pratique quand on n’a plus rien à se dire, dans le genre 4 x 4 et marathon j’m’éclate, ils sont gratinés ceux deux-là.
Ca se passe toujours comme ça. Il fait beau. C’est merveilleux, on n’est pas invité. »

Jeudi en Littérature

Ce billet était programmé depuis quelques semaines

Je ne sais plus comment ce petit bijou de livre est arrivé entre mes mains… S’il m’a été offert, que celle (ou celui) qui l’a fait ne m’en veuille pas trop et se manifeste.

NB du 27-03 : Merci Marie-Clo de m’avoir précisé que c’est notre Amie Marie-JoJo qui m’a offert ce livre car elle adore cet auteur. Comment ai-je pu oublier ?…

Ici ça va

Ici ça va de Thomas Vinau*, petit roman de 134 pages, est une succession de chapitres courts -comme les phrases qui nous bousculent, l’air de rien- qui raconte les jours simplement ordinaires d’un couple désireux de redécouvrir le goût de la vie… Une aspiration de beaucoup de gens, plus aisée à dire qu’à faire.

page 64 : « La joie est belle. La joie est simple. Avec le temps je vois ça comme une sorte de sport. De régime. Une discipline. Une acuité du coeur et de l’oeil. Il y a des ressources considérables à puiser là-dedans. De la force. De la beauté. De la vérité. Pourtant ce n’est pas une situation confortable. Elle demande de la vigilance. De la volonté. Pas de forcer les choses, non, mais de faire attention. Il est bien plus confortable d’être négatif. C’est naturel, et on trouve toujours de quoi faire pour se tirer vers le bas. Aujourd’hui je veux faire attention à ce que je vois. A ce que je touche. A ce que je goûte. Aux variations de la lumière. Aux odeurs. Aux mots. Tout à l’heure je suis allé à la pharmacie du village. Les enfants sortaient de l’école. Leurs cris remplissaient tout l’espace. Tout le ciel. Devant moi une petite fille racontait l’histoire d’un lapin à lunettes qui ne veut pas aller se coucher. Je ne suis pas entré dans la pharmacie. Je les ai suivis tranquillement jusqu’à la fin de l’histoire. Du coup je me suis retrouvé à la boulangerie. J’y ai acheté des tartes au citron. Ema adore les tartes au citron. »

Il y a dans ses phrases courtes tous les matins du monde.
Yann Plougastel
Le Monde Magazine

*Thomas Vinau est né en 1978 à Toulouse et vit au pied du Luberon. Auteur de nombreux recueils de poésie dont Bric à brac hopperien (2012) et Juste après la pluie (2014), il se lance brillamment dans la fiction avec Nos cheveux blanchiront avec nos yeux (2011) et Ici, ça va (2012), avant de travailler sur un recueil de portraits : 76 clochards célestes ou presque (Castor astral, 2016). Après La Part des nuages, ils publie son 4e roman, Le Camp des autres.

cerisier (2)

Jeudi en littérature

Avant-propos : ce billet était programmé depuis quelques semaines… Quand je l’ai rédigé, je n’avais pas remarqué qu’il serait publié le jour du Défi du 2O

Monsieur Jean-Paul DUBOIS fête ses septante ans ! Il est né le 20/02/1950, à Toulouse.  Bienvenue au Club !

Le Prix Goncourt lui a été décerné fin 2019 pour son 22e roman Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon.

JP Dubois

L’essentiel pour lui, dit-il, c’est le temps et la liberté. Il veut être propriétaire de sa vie, ni le locataire ou l’actionnaire. Comme ça me plairait d’en faire autant…

Il réclame le droit à la paresse, au bonheur et à la dépression. Paresse et bonheur, je comprends mais dépression, ça ne rime pas avec bonheur, me semble-t-il…

Il ne veut pas de réveil mais se lever quand il n’a plus sommeil ! Tout comme moi !

Son plus, c’est qu’il a un immense talent à entendre mes amies qui lisent ses romans. Il faudrait bien que je m’y colle alors, je n’ai lu aucun livre de cet auteur…

« Histoire d’une vie, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon est l’un des romans les plus aboutis de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain possédant au plus haut point le sens de la fraternité et animé par un sentiment de révolte à l’égard de toutes les formes d’injustice. » cf Babélio

Il a dit aussi, lors d’un interview au Figaro (le 3/02/2017) : « Le temps libre que je cultive hors de l’écriture m’est précieux : quand je ne fais rien, je sais que mon cerveau scanne le moindre détail avec attention. Disposer de temps permet d’être attentif, de réfléchir aux choses essentielles de la vie, et le temps à perdre dans ces cas-là nous enrichit de manière considérable. Ne rien faire, c’est réparer, gagner une autonomie intellectuelle, manuelle, etc. C’est une forme d’indépendance de l’usage du monde, une arme fatale, qui change le rapport aux autres. »

Alors, voilà, je suis conquise ! Je vais essayer d’emprunter ce livre au bandeau rouge à ma Coach de Tricot-Crochet, qui l’a lu dès sa sortie en librairie.

Et vous ? qu’en pensez-vous ?
De l’Auteur et de ses romans ? 

Jeudi en dictée

Avant les vacances d’hiver qui arrivent déjà demain pour certains, un peu de courage pour cette dictée !

dictéespages 82 et 83

La dictée que je propose est extraite du livre de François Cavanna (1923-2014), Mignonne, allons voir si la rose…

Participe passé
Quand, à l’horizon du cours de français, se lève pour la première fois, nuage lourd de menaces, le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir, l’enfant comprend que ses belles années sont à jamais enfuies et que sa vie sera désormais un combat féroce et déloyal des éléments acharnés à sa perte.

L’apparition, dans une phrase que l’on croyait innocente, du perfide participe passé déclenche, chez l’adulte le plus coriace, une épouvante que le fil des ans n’atténuera pas. Et, bien sûr, persuadé d’avance de son indignité et de l’inutilité du combat, l’infortuné qu’un implacable destin fit naître sur une terre francophone perd ses moyens et commet la faute. A tous les coups. (…) Pourtant, il est une règle où l’on ne peut guère reprocher à la grammaire de pécher contre la logique et la clarté, c’est bien celle-là. (…)

Quoi de plus lumineux ? Prenons un exemple : « j’ai mangé la dinde. » Le complément d’objet direct « la dinde » est placé après le verbe. Quand nous lisons « j’ai mangé » jusque-là nous ne savons pas ce que ce type a mangé, ni même s’il a l’intention de nous faire part de ce qu’il a mangé. Il a mangé, un point c’est tout ! La phrase pourrait s’arrêter là. Donc, nous n’accordons pas « mangé », et avec quoi diable l’accorderions-nous ?

Mais voilà ensuite qu’il précise « la dinde ». Il a, ce faisant, introduit un complément d’objet direct. Il a mangé QUOI ? La dinde. Nous en sommes bien contents pour lui, mais ce renseignement arrive trop tard. Cette dinde, toute chargée de féminité qu’elle soit, ne peut plus influencer notre verbe « avoir mangé », qui demeure imperturbable. Notre gourmand eût-il dévoré tout un troupeau de dindes qu’il en irait de même : « mangé » resterait stoïquement le verbe « manger » conjugué au passé composé.

Maintenant, si ce quidam écrit : « La dinde ? Je l’ai mangée » ou « La dinde que j’ai mangée », alors là, il commence par nous présenter cette sacrée dinde. Avant même d’apprendre ce qu’il a bien pu lui faire, à la dinde, nous savons qu’il s’agit d’une dinde. Nous ne pouvons plus nous dérober. Nous devons accorder, -hé oui. « Mangée » est lié à la dinde (c’est-à-dire à « l' » ou à « que », qui sont les représentants attitrés de la dinde) par-dessus le verbe, par un lien solide qui fait que « mangée « n’est plus seulement un élément du verbe « manger » conjugué au passé composé, mais également une espèce d’attribut de la dinde. Comme si nous disions « La dinde EST mangée ».

« Clément Marot a ramené deux choses d’Italie : la vérole et l’accord du participe passé… Je pense que c’est le deuxième qui a fait le plus de ravages ! » Voltaire

N’est-ce pas cher Antiblues ? !

Jeudi en dictée

J’ai eu envie d’ouvrir mon livre de dictées d’hier et d’aujourd’hui. Après les agapes des Fêtes, la brioche des Rois et en attendant la Chandeleur et les bugnes de Mardi Gras, je vous propose une dictée gourmande !

dictées

Car Littérature & Gourmandise vont très bien ensemble.  J’apprends ainsi que Alexandre Dumas Père était un gastronome prolifique. Il nous a laissé son Grand dictionnaire de cuisine dont l’édition originale de 1870 ne comporte pas moins de 3 000 recettes.

Picasso-Soller
Expo Picasso – Soller -Baléares- mai2017

« Les trois sortes de gourmandise
De même qu’il y a trois sortes d’appétits, il y a trois sortes de gourmandises.

Il y a la gourmandise que les théologiens ont placé au rang des sept péchés capitaux, celle que Montaigne appelle « la science de la gueule ». Elle a un superlatif, qui est la gloutonnerie. (…)

A côté de côté de cette gourmandise, qui est celle que nous pourrions nommer la gourmandise des esprits délicats : c’est celle que chante Horace et que pratique Lucullus ; c’est le besoin qu’éprouvent certains amphitryons de réunir chez eux quelques amis, jamais plus nombreux que les Muses, amis dont ils s’efforcent de satisfaire les goûts et de distraire les préoccupations. C’est, parmi les modernes, celle de Grimod de la Reynière et des Brillat-Savarin.

De même que l’autre gourmandise a un augmentatif, « gloutonnerie », celle-ci a un diminutif « friandise ».  Le gourmand exige la quantité, le friand, la qualité. (…)

La troisième gourmandise, pour laquelle je n’ai que des lamentations, est celle des malheureux atteints de boulimie, maladie qui attaqua Brutus après la mort de César, ceux-là ne sont ni des gourmands, ni des gourmets, ce sont des martyrs. Ce fut sans doute dans un accès de cette fatale maladie qu’Esaü vendit à Jacob son droit d’aînesse pour un plat de lentilles. »

Et vous, quelle « gourmandise » pratiquez-vous ?

Projet de Ma’

Ma’ a choisi Début pour son 2e Projet
clic

Le début de l’année est passé, celui de la reprise scolaire aussi, l’hiver est toujours bien installé et aucun signe du début du printemps… Alors, voilà, j’ai beau ruminer, je sèche.

J’ai bien pensé au début de mon aventure bloguesque, début juin 2008, avec mes Traboules de Plume, puis au début de mon 2e blog, Soène aux mots passant, et enfin à ma migration chez WP et le début de Ma vie soènienne… Rien d’original.

Le début de ma retraite le 10 mai 2014, début d’une nouvelle vie ! L’arrivée de Natty et le début de notre aventure mère-chat, le 1er novembre 2014… Rien de nouveau.

Piégée par le Projet de Ma’ ? Google m’a sauverée !

François Augé a écrit Début de roman en 2017. A la fin du préambule de ce roman, je lis :

« Et si je revenais au début, au début de ma vie… Ma vie ou plus précisément celle d’un homme qui m’avait raconté des bribes de la sienne, et ainsi m’avait fait entrer dans la conscience d’exister en tant que mortel. L’idée n’était pas neuve, mais c’était le matériau premier de toute entreprise de ce genre. Après, il me serait « facile » de mélanger le vécu et l’inventé.  De faire passer l’un pour l’autre, de brouiller les traces. D’égarer chacun, à commencer par moi-même. Le seul risque était d’être crédible dans la fiction.
Il fallait bien un début de roman. Ce serait le début d’une vie, le début de ma conscience d’être là. Vivant sur la terre de mes ancêtres. De voir et d’entendre. Sans pour autant comprendre. Le tout était de commencer.
Il serait toujours temps après de regarder en arrière… Ou pas ! Il est des débuts qui n’en finissent plus. Comme si nous n’étions que des humains recyclés sous le boisseau des histoires de nos aïeux… »

Début de roman

Qui, d’entre vous, a lu ce roman ?

Jeudi en littérature… revisitée

« Moi vous me connaissez » ! Un rien me surprend et titille ma curiosité… Et je suis toujours prête à me « culturer »…

Devant mon petit écran, je découvre deux livres, l’un « Sur le bout de la langue » -le mot juste- de Bertrand Périer, l’autre du très sérieux Lorant Deutsch, « Romanesque » -la folle aventure de la langue française-.

D’accord, je verrai plus tard si le les trouve en occasion TBE chez Momox.

Mais revenons à la Culture. J’écoute le regretté Jean Rochefort lire un texte sur Madame Bovary, de la collection Les Boloss des Belles Lettres, la « littérature pour tous les Waloufs » !

les Boloss

Momox ne l’a pas dans la collection « J’ai lu ». Tant pis, je ferai une infidélité. Je le veux ce livre !

Les Boloss des belles lettres

La littérature pour tous les waloufs.

La littérature est une terre de mirages, une femme séduite mais rétive, telle une gazelle farouche qui se méfierait des lions voraces que nous sommes, nous, lecteurs. Qu’on la déchire entre nos crocs ou qu’on l’assomme de nos lourdes pattes, elle reste souriante face à son troupeau, car au-delà de la dégradation physique demeure l’amour de l’art… PTDR ! T’as cru on était là pour te baratiner avec notre vieille dégaine d’intello mais non t’as craqué nous on va t’envoyer la grosse purée littéraire TATATA des gros classiques en rafales sur ta ganache featuring Phèdre, la MILF indomptable, Emma Bovary, la zouz campagnarde pas dégueu, et Gatsby, le David Guetta de la East Coast ! On met la grosse tatane à Lagarde et Michard et bim! Tout de go on s’impose dans le tiéquar.

Quentin Leclerc et Michel Pimpant, les auteurs, s’attaquent même à mon cher Petit Prince… clic

J’vous tiens au courant !