Projet de Ma’

Encore un Projet difficile à représenter en image… Ma’ propose « le temps qui passe »

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L’automne est arrivé lundi dernier, sans se presser… L’automne et le temps qui passe sont un vrai sujet de poésie

La couleur verte tremble entre les mains de l’automne
La mort maquille les feuilles pour leurs noces avec le givre
Un silence très ancien se loge dans la lumière qui se tait
et le Temps jette les heures insouciantes dans un feu sans mémoire
Kamal Zerdoumi

chaises longues automne (1)

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Zingaro

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Aucune photo pour ce spectacle artistique. Les consignes répétées avant d’entrer étaient strictes : portables éteints, pas de bruit et applaudissements interdits pour ne pas perturber les chevaux et ne pas déconcentrer les « meneurs » de chevaux.

“Le Théâtre équestre Zingaro est une tribu mi-hommes mi-chevaux. J’aime ce mot tribu. Il indique que ses membres obéissent à des lois non écrites, celles de gens très indépendants qui ont choisi de vivre une même aventure, de travailler ensemble dans la même manufacture à rêves, et d’offrir aux autres ce qu’ils y ont conçu. J’aime voir les gens de la compagnie évoluer au fil du temps ; j’aime les voir fleurir, comme on le dit des chevaux ; non seulement par le travail mais aussi dans le quotidien par l’intensité de leur présence et de leur rapport au temps.”

Le Théâtre équestre Zingaro s’est produit pour la dernière fois à Lyon, dans le cadre des Nuits de Fourvière. Depuis le temps que j’en avais envie, j’y suis allée l’avant dernier jour de la représentation Ex Anima. clic

Bartabasimage du Net

Bartabas tirera sa révérence à la fin de cette tournée 2019.

Dès l’entrée dans l’immense chapiteau installé au Parc de Parilly, le ton était donné. Dans le noir absolu, nous avons rejoint nos places. Petit à petit, les yeux se sont habitués, guidés juste par quelques petites bougies entourant la scène invisible, en contre-bas.
L’obscurité et la chaleur étouffante mettaient les spectateurs en condition !

Fascinant, bouleversant, troublant, je ne fais que reprendre les mots du Masque et la Plume, ces trois adjectifs résumant parfaitement cette mise en scène.
Les chevaux, mi bêtes-mi hommes, sont en liberté, guidés par la musique et les sons d’une équipe d’ombres vivantes et silencieuses, mi hommes-mi bêtes. Luisants de transpiration, les chevaux connaissent par coeur leur « travail » ou leur « jeu », sachant qu’à la fin de chaque scène, ils seront récompensés.

Immobiles -ce qui est très difficile pour un cheval-, silencieux, ordonnés, obéissants, ils mènent des danses effrénées, miment des situations périlleuses et improbables. La musique ethnique de l’orchestre rythme leurs pas, leur allure, leur entrée et leur sortie, dans un bruit de sabots qui résonnent sur les planches.

Magiques, irréels, jamais les chevaux ne s’emballent même quand ils font semblant de se quereller. Fausses morsures et ruades avortées sont la grâce même, le tout effectué à allure folle et mouvements coordonnés.

Bravo et Merci, Monsieur Clément Marty. J’avais tant entend parler de vous et de vos chevaux. Quel spectacle magnifique ! Mais si je peux me permettre juste un tout petit reproche -on a dû vous le dire…- je n’ai pas du tout apprécier la dernière vision du cheval vivant et du cheval de bois…
Bravo aussi à toute l’équipe de dresseurs. La dernière scène où vous mimez vos Bêtes était criante de vérité !

Le jeudi, si on chantait ?

Encore un retour dans le passé, en chanson, j’aime ça. Ce dernier jeudi de juillet -déjà- si on chantait avec Alain Barrière clic

rêvez!

Une autre vie
Il est peut-être une autre vie
Loin de ce monde bien trop petit
Une autre vie

Une autre vie
Crois-tu qu’il est une autre vie
De grand silence et d’infini
Une autre vie

Qui a su dire
Les chemins de l’au-delà
Qui l’a su dire
Qui le dira ?
Quoi qu’il arrive
J’y veux un monde pour toi et moi
Oui seulement pour toi et moi

Une autre vie
Il est sans doute une autre vie
Au bout du rêve, de la folie
Une autre vie

Qui peut nous dire
Ce qui advient dans l’au-delà
Et si l’amour, l’amour est roi
Arrive-t-il que les grands amants d’ici-bas
Ailleurs ne se retrouvent pas ?

De grand silence et d’infini
Une autre vie

Une autre vie
Nous serons dans une autre vie
Toi l’irréelle, moi le maudit
Une autre vie.

Le jeudi, si on chantait ?

Pas de dictées en juillet-août. On reprendra en octobre. Ben pourquoi donc en octobre, la rentrée c’est en septembre ?

Ma foi parce que la pauv’ Soène sera overbookée et sûrement bien absente de la bloguo à cause des journées adhésions/inscriptions de 2AUTA…

Dimanche matin, en écoutant Didier Barbelivien, j’ai eu envie de publier des paroles de chansons. Souvent, on met un CD et on fait autre chose. Donc on entend mais on n’écoute pas les paroles et c’est bien dommage.

Pour commencer, j’ai choisi « Les étangs de Mayenne ». Et je dédie ce billet à deux anciennes Aminautes, Jeanne de Laval et Pierrot Bâton. C’était il y a quelques années, déjà, et la nostalgie nous reprend… Mindounet a remué les coeurs sensibles d’une petite bande de Bloguinautes qui se reconnaîtront…
Ce n’est pas ma chanson préférée de ce chanteur, c’est juste l’envie de me rapprocher en pensées d’Elles & d’Autres aussi.

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« Dis-moi si les étangs de Mayenne
Sont toujours aussi beaux pour elle
Dis-moi à Juvigny-sous-Andaine
Fais-tu bien attention à elle pour moi 

Elle dit que plus jamais ne reviennent
Ni les chansons ni la peine dis-lui
Que j’écris sur du vélin d’Angoulême
Tout le contraire de ce qu’elle dit 

Je l’aime comme une valse d’enfance
Caramel caché sous la langue
Je l’aime
De préau d’école en dimanche
C’est toujours à elle que je pense
Quand même 

Dis-moi est-ce que les gens se souviennent 

A quel point elle était belle dis-moi
J’avais caché dessous les tuiles
Nos lettres d’amours inutiles voilà 

Caramel caché sous la langue
Je l’aime
De préau d’école en dimanche
C’est toujours à elle que je pense
Quand même 

Dis-moi est-ce que les gens se souviennent
A quel point elle était belle dis-moi
J’avais caché dessous les tuiles
Nos lettres d’amours inutiles voilà 

Elle vit entre la maison et l’étang
Elle n’a plus jamais peur du vent dis-lui
Que j’oublie tous les souvenirs qui m’entraînent
Dans toutes ces gares de la nuit 

Je l’aime de tout mon coeur qui balance
Entre la folie et l’absence, je l’aime
Parmi les genêts de la lande
Je vois des fleurs qui lui ressemblent
Quand même 

Dis-moi si les étangs de Mayenne
Sont toujours aussi beaux pour elle
Dis-moi à Juvigny-sous-Andaine
Fais-tu bien attention à elle pour moi. »

cof

Jeudi en lecture

Ou plutôt en écriture ! Du temps où je devais affronter les dictées, c’était juste un devoir.
Aujourd’hui, c’est une promenade dans ma langue que j’aime tant.

Lue dans le livre « Dictées d’hier et d’aujourd’hui » de Jérôme Duhamel et Florence Duhamel-Dugot, j’ai aimé cette dictée de Bernard Pivot :

dictées

« Les mots ont la bougeotte. Seuls ou groupés, ils forcent les frontières, passent par-dessus les vallons, les vallées et les puys, s’immiscent dans nos fourre-tout, voyagent avec nos nippes et nos affûtiaux. Voudrait-on les empêcher de s’envoler tous azimuts que cela se révélerait inopérant. Car les mots sont cachés dans notre bouche, embusqués derrière nos quenottes, notre luette ou nos amygdales.
Sitôt arrivés à Montréal, à Canberra ou à Kinshasa, à peine avons-nous, les uns ou les autres, desserré les lèvres, que les mots, pressés de s’égailler dans la nature, s’échappent comme des étourneaux.
Les mots sont d’infatigables globe trotters. Ils se jouent des fouilles et des censures. Les mots sont libre l’air. Mais, de tout temps, les mots se sont battus pour vivre. Que de verbes et d’adjectifs, frappés d’obsolescence, se sont retirés du trafic !
Que d’onomatopées se sont ressemblé, concurrencées, apostrophées, nui, exclues !
Que de substantifs caducs et prétentieux de petits-maîtres se sont laissé supplanter par les mots succulents des rastaquouères !
Le vocabulaire détonnant et drolatique des sans-culottes a eu l’heur de régénérer substantiellement la langue. Tes esbroufes d’hier, ô ma langue ! sont devenues prosaïsmes rabâchés d’aujourd’hui. Que de fois t’es-tu retrouvée, ma douce péronnelle, ballottée au gré des modes imprévisibles ! Maintenant tout va plus vite, et les mots, eux aussi, se sont mis au prêt-à-porter, au clonage, à l’apocope spontanée.

« Je cause, tu causes, il cause… » La plus belle cause, c’est la langue. »

crayon fleur

Jeudi en lecture

lire-bulle

J’ai hésité à définir ce billet en Jeudi Poésie car l’extrait que j’ai choisi dans Alice au Pays des Merveilles est un véritable bijou qui va plaire, je n’en doute pas, à Oth d’Alsace !

chapitre 9 « Histoire de la Tortue fantaisie »
La Reine invite Alice à rencontrer la Tortue fantaisie qui lui racontera son histoire. Ayant croisé le Griffon, c’est en sa compagnie que Alice va trouver la Tortue qui commença à raconter son histoire

tortue fantaisieimage du Net

« … Quand nous étions petits… nous allions en classe dans la mer. La maîtresse était une vieille tortue que nous appelions Torturante…
Qu’y appreniez-vous ? s’enquit Alice
– D’abord, bien entendu, le becture et les tritures, répondit la Tortue fantaise, et puis les différentes parties de l’arithmétique : l’ambition, la distraction, la surexposition et la dérision.

… Qu’appreniez-vous d’autre ? demanda Alice
– Eh bien, il y avait les énigmes, répondit la Tortue fantaisie, en comptant les sujets sur ses pattes, énigme moderne et énigme ancienne, ainsi que la sous-l’eau-graphie ; puis le destin -le professeur de destin était un vieux congre qui venait une fois par semaine-. Lui, il nous enseignait la technique du destin, ainsi qu’à craquer d’après nature et à plaindre à la volée.

Qu’est-ce que plaindre à la volée ? demanda Alice
– Ma foi, je ne saurais vous en faire la démonstration moi-même, répondit la Tortue fantaisie, car je ne m’apitoie plus de cette façon-là. Quant au Griffon, il n’entend rien à la chose.

… Et combien d’heures de cours aviez-vous par jour ? demanda Alice qui avait hâte de changer de sujet de conversation
– Dix heures le premier jour, répondit la Tortue fantaisie, neuf le suivant et ainsi de suite.

Quel drôle d’emploi du temps ! s’exclama Alice
– C’est pour cette raison qu’on les appelle des cours, fit remarquer le Griffon : parce qu’ils deviennent chaque jour un peu plus courts.

C’était là pour Alice une idée si neuve qu’elle y réfléchit un instant avant de demander : Alors le onzième jour ne pouvait être qu’un jour de congé ?
– Bien sûr que c’en était un, répondit la Tortue fantaisie.

Et comment faisiez-vous le douzième jour ? reprit vivement Alice
– Cela suffit avec les cours et les leçons, intervint le Griffon d’un ton catégorique. Parlez-lui donc un peu des jeux, à présent… »

Alice et la Tortue fantaisie.pngimage du Net

Jeudi Poésie

De la douceur dans ces temps gris et moroses

cof

Le beau soleil, le jour de saint Valentin,
Qui apportait sa chandelle allumée,
N’a pas longtemps, entra un beau matin
Privéement en ma chambre fermée.
Cette clarté qu’il avait apportée,
Si m’éveilla du somme de Souci
Où j’avaye toute la nuit dormi
Sur le dur lit d’Ennuyeuse Pensée.

Ce jour aussi, pour partir leur butin
Des biens d’Amour, faisayent assemblée
Tous les oiseaux qui, parlant leur latin,
Criayent fort, demandant la livrée
Que Nature leur avait ordonnée :
C’était d’un pair, comme chacun choisi.
Si ne me peux rendormir, pour leur cri,
Sur le dur lit d’Ennuyeuse Pensée.

Lors en mouillant de larmes mon coussin
Je regrettais ma dure destinée,
Disant : « Oiseaux, je vous vois en chemin
De tout plaisir et joye désirée,
Chacun de vous a pair qui lui agrée,
Et point n’en ai, car Mort, qui m’a trahi,
A pris mon pair, dont en deuil je languis
Sur le dur lit d’Ennuyeuse Pensée ».

Saint-Valentin choisissent cette année
Ceux et celles de l’amoureux parti.
Seul me tiendrai, de confort dégarni,
Sur le dur lit d’Ennuyeuse Pensée.
Charles d’Orléans

et n’oubliez pas d’offrir…
une rose (rouge)
un chocolat (coeur)
un billet à gratter (St-Valentin)
un resto (à deux)
un bisou
vous…
etc.
BONNE SAINT VALENTIN

Jeudi Poésie

Dernier jour de janvier… Mon challenge d’un février allégé va commencer demain… Les coups de canif à cette performance sont déjà nombreux sur mon calendrier…
Avec une bonne dose d’humour, la pilule sera plus facile à avaler ! Et les filets de sardines au citron-basilic, c’est excellent pour le régime.

sardines

Sardines à l’huile

Dans leur cercueil de fer-blanc
plein d’huile au puant relent
marinent décapités
ces petits corps argentés
pareils aux guillotinés
là-bas au champ des navets !
Elles ont vu les mers, les
côtes grises de Thulé,
sous les brumes argentées
la Mer du Nord enchantée…
Maintenant dans le fer-blanc
et l’huile au puant relent
de toxiques restaurants
les servent à leurs clients !
Mais loin derrière la nue
leur pauvre âmette ingénue
dit sa muette chanson
au Paradis-des-poissons,
une mer fraîche et lunaire
pâle comme un poitrinaire,
la Mer de Sérénité
aux longs reflets argentés
où durant l’éternité,
sans plus craindre jamais les
cormorans et les filets,
après leur mort nageront
tous les bons petits poissons !…

Sans voix, sans mains, sans genoux
sardines, priez pour nous !…

Georges Fourest (1867-1945)

Photos du samedi

Ma’ a pensé à mémoire pour ce premier samedi de novembre ICI

Dans un premier temps

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Je vous propose un petit test à faire plusieurs fois par jour. 20 mots à retenir et à écrire. Au début, il en manque, au bout de quelques exercices, on peut refaire la liste complète, en ordre ou en désordre !

gant – bénéfice – marteau – boire – connaissances – courir – pied – plein – brume – jamais – direction – langue – composte – chaîne – relation – étain – bouilloire – drapeau – bateau – être

Vous trouverez d’autres listes sur le Net !

Et puis, après avoir ruminé…
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Lundi après-midi, au cimetière de Loyasse, il faisait soleil malgré quelques gros nuages et peu de monde, tout était réuni pour profiter de ces moments que j’apprécie tant… Et j’ai repensé au texte d’une plaque en marbre, posée à l’entrée du cimetière de Pierre-Bé :

« Le livre de la vie est le livre suprême qu’on ne peut ni fermer ni ouvrir à son choix. On voudrait revenir à la page où l’on aime et la page où l’on meurt est déjà sous nos doigts. »

L’histoire de Loyasse commence en 1807. La vétusté et les abandons d’un grand nombre de tombes m’a attristée. La mémoire s’effrite…
Je me suis attardée un grand moment dans le Carré des Prêtres où les tombes uniformes et sobres forcent le respect. Une petite bruyère avait été déposée sur chaque pierre.

bruyère

 

24 Heures Photo
avec Patricia ICI

24 heures Photo

@ mon Ami Edualc

Comme la rose
mon amitié constante
dans le temps fleurit

rose Loyasse2.JPG

Jeudi en poésie

En pensant très fort à notre Amie de Vendée
Jeu-la poésie du jeudi chez Asphod'L

à
Nunzi & Cie
Vador
Clochette
Max
Natty
et autres félins de la bloguo !

Natty-octobre 2016 (10)

texte choisi dans Les chats mots de Anny Duperey

Le poème du chat

Quand on est chat on n’est pas vache
on ne regarde pas passer les trains
en mâchant des pâquerettes avec entrain
on reste derrière ses moustaches
(quand on est chat, on est chat)
Quand on est chat on n’est pas chien
on ne lèche pas les vilains moches
parce qu’ils ont du sucre plein les poches
on ne brûle pas d’amour pour son prochain
(quand on est chat, on n’est pas chien)
On passe l’hiver sur le radiateur
à se chauffer doucement la fourrure
au printemps on monte sur les toits
pour faire taire les oiseaux
On est celui qui s’en va tout seul
Et pour qui tous les chemins se valent
(quand on est chat, on est chat)
Jacques Roubaud*

 

  • Jacques Roubaud est né à Caluire et Cuire (Rhône) en 1932