Ma vie d’après… maintenant

Mon chat dit : « Quand le rêve n’a pas sa place, le monde est si étroit que la vie rétrécit. »
(Livret Comme dit mon chat de Jean-Michel Sananès aux Editions Chemins de Plume)
Encore un petit livre délicieux que je recommande

comme dit mon chat

 

ciné

Par où commencer ? Comme tout l’monde, j’attendais ce 22 juin, étape supplémentaire de l’aventure Covid-19, mais on en a su plus dès la fin de la semaine dernière. On a attaqué la 3e étape. L’horizon s’ouvre enfin !

On a bien avancé. L’école est redevenue obligatoire, les actifs sont au boulot et les retraités, toujours privés de leurs activités associatives, sont partis en vacances, et ceux qui restent vont pouvoir retourner au cinéma !

Et moi, et moi, et moi, avec ma vie, mon petit chez-moi, j’y pense et puis… C’est là qu’il faut changer un peu les paroles de la chanson de Dutronc. J’y pense mais j’peux pas oublier de vivre autrement, en respectant autant que possible les gestes barrière toujours en vigueur -et plutôt malmenés par une partie des gens- : masque, désinfectant, distance physique, ces trois armes pacifiques pour affronter l’ennemi invisible qui rôde encore on ne sait où… partout…

La vie est belle. Sur le marché, la Région m’a distribué deux masques à jeter que j’ai rangés et déjà perdus de vue retrouvés -pas rangés là où ils auraient dû…-, et dans ma boîte aux lettres, lundi dernier, elle m’a encore gratifiée de deux masques grand public catégorie 1 selon recommandations afnor spec s76-001, accompagnés d’une note d’information ministérielle du 29 mars 2020 !
Heureusement que je n’ai pas attendu le masque régional pour me déconfiner sinon je serais restée enfermée 3 mois au lieu de 2. Coup de Pub pas très convaincant pour l’horizon 2021 (élections régionales). Du bla-bla-bla politique, ça ne m’étonne pas.

La vie est belle.
J’ai enfin reçu ma bague Pandora mais j’ai quand même passé un mel à la Direction -sans réponse à ce jour- car je n’ai pas apprécié de payer 6 € de port alors que j’aurais pu la retirer dans un magasin.
J’ai enfin reçu ma commande passée chez New Chic, décevante et des complications pour retourner mes deux pantalons, donc je vais les garder et renoncer à mes 50 €.
J’ai pu aller chercher le petit cahier d’Art-thérapie chez Decitre (délai : 1 semaine).
Par contre, les croquettes Neutered Royal Canin  de Natty sont arrivées à la vitesse TGV, une fois que j’ai eu pu joindre Zooplus au téléphone et avoir l’explication au sujet de mon de passe invalide : Orange bloque les « anciens » mdp et ainsi empêche les clients de passer des e-commandes… Fallait juste le savoir et posséder un 2e e-mail… Donc, tout va bien !

La vie est belle. J’ai retrouvé les Frères Barbet et j’ai passé mon envie de foie de veau, avec une énorme tranche cuite à point, servie avec des pommes de terre rissolées et la petite salade, et pour finir un café gourmand. Et même si le temps « d’automne » m’a privée de la terrasse, j’ai passé un très bon moment.

foie veau

La vie est belle. J’ai fait un petit tour au marché de la Croix-Rousse, mardi en toute fin de matinée, sans rien acheter, et suis redescendue pour aller à mon rendez-vous au Parc de la Tête d’Or. 16 kms à pied dans ma journée !

La vie est belle. Samedi, début de l’été, l’anticyclone est annoncé, même si mardi dernier, lors du Conseil d’administration de l’Assoc. nous étions confinés à l’intérieur, un peu gelés malgré nos vêtements d’hiver… Collés-serrés autour de la table pour le picnic, on en a oublié le froid… et les mesures barrière…

La vie est belle. Encore un petit effort pour la relecture du bulletin de la rentrée 2020-2021 et hop hop hop, je serai en vacances ! Bon, ça ne changera pas grand chose puisque depuis le 16 mars, on y est déjà. Et ça risque de durer un peu plus longtemps que d’habitude car rien ou presque ne se passera en septembre au niveau associatif.

La vie est quand même un peu moins belle avec les bouchons, les travaux, le bruit et la pollution, les bus quasi remplis, les queues interminables devant certains magasins, et les manifs les samedis et même en semaine.

Quant à l’actu autour de moi ? Après la disparition des boutiques lyonnaises Au Nègre (café), des têtes de nègre (meringues rondes enrobées de chocolat noir), du « Y’a bon » pour Banania, voilà que c’est au tour de l’Uncle Ben’s de réfléchir à changer de look avant d’y être forcé… Non mais, j’y crois pas. Le monde est fou.

Uncle Ben'simage du Net

Et c’est pas tout, les batailles des verts, jaunes, blancs et noirs ont repris partout, les casseurs sont déconfinés, la canicule et les moustiques sont de retour, les Droites et les Gauches s’arrachent les mairies… Impossible de vivre en paix.

C’est tout pour le moment. Je reviendrai faire un point après la phase 4. D’ici là, portez-vous bien, soyez prudents, respectez les gestes barrière, et tout, et tout…

positive attitude

Jeudi en cuisine

11 juin : « Petit à petit, les chats deviennent l’âme de la maison. »
Jean Cocteau

Deux recettes bien lyonnaises, ça fera plaisir aux cuisinières chevronnées !
Je ne fais jamais ces recettes, trop long pour un plat de cardons, les bocaux de Malartre sont délicieux, et trop d’odeur de friture pour les bugnes, les quelques centaines de grammes achetées par an chez le boulanger font l’affaire !

Pour le Projet de Ma’ de samedi dernier, j’avais acheté 2 cartes postales, avec les recettes au dos

Recette des cardons à la lyonnaise

cardons

Effeuiller et effiler les côtes, puis les citronner à l’aide d’un demi citron.
Couper chaque tige en tronçons d’environ 4 cm, les faire cuire jusqu’à ce qu’ils soient tendres, à feu doux dans de l’eau salée, puis les égoutter.
Faire fondre 80 gr de beurre dans une casserole, ajouter autant de farine, arroser l’ensemble d’un bouillon de volaille mélangé à de la crème fraîche et à un jaune d’oeuf.
Disposer les cardons dans un plat à gratin, les recouvrir de la sauce, de rondelles de moelle, éventuellement d’un peu d’emmental râpé, puis enfourner environ 12 minute.

 

Recette des bugnes

bugnes

Pour réaliser la pâte, mélanger 500 gr de farine, 6 oeufs, 100 gr de sucre et 100 gr de beurre, un sachet de sucre vanillé, un de levure, une pincée de sel, un zeste de citron et 6 cl de rhum.
Une fois bien pétrie, entourer la pâte d’un film plastique puis laisser reposer une nuit au réfrigérateur.
A l’aide d’un rouleau, étaler la pâte et découper avec une roulette les losanges fendus au centre, qui, par la suite, seront jetés dans l’huile bouillante puis égouttés sur du papier absorbant.
Les bugnes peuvent se servir tièdes ou froides saupoudrées de sucre glace.

Ce sont plutôt des recettes d’hiver.

Jeudi en gourmandise

21 mai : « Une chatte tricolore dans un foyer y garantit le bonheur. »
Proverbe asiatique
proverbe approuvé par Miss Natty !

Natty fenêtre (5)

 

Pendant 55 jours les cuisines ont connu un franc succès, les moules à gâteaux sont sortis des placards et les fours ont surchauffé.

Avec le temps frisquet de la semaine dernière et ce déconfinement trrrès progressif, en plus des gâteaux, on a mijoté des gratins avec une sauce béchamel.

Vous êtes-vous interrogées/és sur l’origine de ce nom ?

Stéphane B. nous explique pourquoi la sauce béchamel doit son existence au Marquis Louis de Béchameil (pages 74-75)

Stéphane Bern

« Après les potages, hachis et panades apportés au premier service, les bouillons, ragoûts, fricassés et pâtés en croûte feuilletés servis au deuxième, vient enfin le troisième service.

Dans une chorégraphie minutieuse, un cortège de gardes apporte alors les rôtis de perdrix, de faisans, de bécasses, de ramiers et de dindons, de poulets et de lapins. Autour de la table on compte quatorze gardes, deux officiers de bouche, le capitaine des gardes du corps et un goûteur.

Ce protocole n’est guère extraordinaire, c’est même ainsi chaque jour ! Rien n’est laissé au hasard quand il s’agit du souper de Louis XIV. Mais c’est un soir particulier. La foule de courtisans qui se presse comme à l’accoutumée pour assister au souper royal a les yeux tournés vers une saucière en argent qui trône au centre de la table : le Roi va goûter une nouvelle sauce faite à base de jus de viande et d’échalotes, mise au point par son maître d’hôtel, Louis de Béchameil.

Ancien financier très avisé et fournisseur des armées du Roi, celui qui fut Marquis de Nointel puis surintendant de la maison du Duc d’Orléans avant de devenir maître d’hôtel du Roi-Soleil n’en est pourtant pas à son coup d’essai Il a en effet déjà su s’attirer les bonnes grâces du Roi, dont la gourmandise bien connue (la légende dit qu’il se rendait souvent malade en mangeant à l’excès des petits pois dont il raffolait) est satisfaite par sa cuisine riche et raffinée.

Ce n’est pas la première fois que Béchameil effectue des sauces pour Louis XIV, mais celle-ci est spéciale. Finalisée dans les cuisine du château de Nointel, dans l’Oise, elle reprend un monument de la gastronomie française.

Sa recette a été élaborée par François-Pierre de La Varenne, cuisinier du Marquis d’Uxelles, et consignée par ses soins dans son ouvrage incontournable publié en 1651, le Cuisinier français. Pour réaliser cet accompagnement, originellement à base de crème, Pierre de La Varenne se serait lui-même inspiré, dit-on, d’une sauce rapportée d’Italie par Catherine de Médicis.

On imagine alors pourquoi notre Louis de Béchameil a les mains moites : s’attaquer à un tel héritage gastronomique. Un aromate de travers et c’est le crime de lèse-majesté !

Mais, on le sait, cette sauce gourmande ravira Louis XIV qui s’en léchera les babines. Il ordonnera d’ailleurs qu’on la fasse servir le plus souvent possible. Forte de l’engouement du Roi-Soleil, cet assaisonnement prendra bien vite le nom de celui qui l’aura revisité, Louis de Béchameil. Ainsi connu sur toute les tables nobles comme la « sauce à la Béchameil », elle se transformera par glissement et par simplification graphique en « sauce béchamel ».

Un succès que jalousera le vieux Duc d’Escars qui déclara, un peu amer : « Est-il heureux, ce petit Béchameil ! J’avais fait servir des émincés de blancs de volaille à la crème plus de 20 ans avant qu’il fût au monde et, voyez, pourtant je n’ai jamais eu le bonheur de pouvoir donner mon nom à la plus petite sauce ! »

manger-bien-bouger

Jeudi en gourmandise

C’est le temps idéal pour cuisiner et pâtisser. Certaines bloguinettes en usent et abusent 😉 Non, non, je ne dénoncerai personne !

Alors je suis retourner lire Stéphane Berne ! Dans son choix de Pourquoi sont-ils entrés dans l’Histoire ? j’ai choisi l’histoire de l’intemporelle tarte Tatin (pages 61-62)

Stéphane Bern

Les Soeurs Tatin
Leur doit-on vraiment ce dessert si renversant ?

« Dans le petit village solognot de Lamotte-Beuvron, Fanny et Caroline Tatin tiennent un hôtel-restaurant. Cette auberge est bien connue des chasseurs parisiens, attirés par la région giboyeuse, et de la belle société y faisant escale au cours de leurs voyages sur la toute nouvelle ligne de chemin de fer qui relie Paris et Toulouse. Un dimanche d’ouverture de la chasse, à la fin de l’année 1898, les deux femmes, un peu débordées par l’affluence, auraient malencontreusement enfourné à l’envers leur déjà célèbre tarte aux pommes fondantes. Constatant que les fruits situés en dessous avaient délicieusement caramélisé, elles auraient décidé de la servir telle quelle, pour le plus grand bonheur des clients !

On entend dire que cette histoire ne serait qu’une légende, inventée en 1927 par le grand critique culinaire Maurice Edmond Sailland dans un numéro de son guide La France gastronomique pour amuser les journalistes parisiens. Créée de toutes pièces ou non, cette histoire a le mérite de faire franchir au dessert des Soeurs Tatin -près de dix ans après leur mort- les frontières de Lamotte-Beuvron. Ainsi, dès le début du XXe siècle, les clients du chic restaurant parisien Maxim’s se régalent d’une tarte aux pommes renversée.
On raconte cette fois-ci que le propriétaire du restaurant aurait fait espionner les deux Soeurs pour subtiliser leur recette, tout en baptisant le dessert « tarte des Demoiselles Tatin ». Les fables s’additionnent.

Poursuivons l’enquête. La première version écrite de la recette nous provient de Marie Souchon, institutrice lamottoise et amie de Fanny. Après avoir décrit les étapes nécessaires pour réaliser cette délicieuse tarte -non sans nous donner l’eau à la bouche avec des « bon morceaux de beurre- et une « bonne couche de sucre en poudre »-, elle précise que cette recette « a été inventée par la cuisinière du Comte de Chatauvillard, qui possédait un château à quelques kilomètres de Lamotte-Beuvron et qui a passé la recette à Fanny Tatin »…

Alors, qui croire ? A vrai dire cela n’a guère d’importance, tant qu’il est possible d’en savourer une part ! Aujourd’hui, cette douceur est le plus souvent servie avec de la crème fraîche ou une boule de glace : une hérésie pour les membres de la Confrérie des lichonneux, une assemblée de Lamottois créée il y a tout juste quarante ans avec pour mission de « faire respecter la recette traditionnelle du fameux dessert des Demoiselles Tatin ». La tarte doit impérativement, selon eux, être servie sans accompagnement, on l’aura compris !

Ce qui n’est pas une histoire, en revanche, c’est le plaisir procuré par cette tarte, comme nous le rappelle un article de l’écrivain et homme politique parisien Gabriel Hanotaux, publié en 1899. Ce dernier nous fait revivre, au milieu des bruits de couverts et des éclats de voix, un repas de chasseurs : « le diapason monte, éclate, jusqu’au moment où apparaît la tarte de Mademoiselle Tatin. (…) Un cri de satisfaction part de toutes les poitrines, une joie des yeux va au-devant de la galette triomphale. Elle est découpée, servie, avalée. »

A vos fourneaux ! »

tarte-tatin
image du Net

Comme je n’ai pas trouvé une telle recette chez Miss Gleni, je vous propose un autre blog ICI

Jeudi en littérature

Ce n’est pas un thème le plus lu chez Soène… Mais cet espace est avant tout un lieu où je peux me faire plaisir, hein !

Cerise sur le gâteau, je vous propose de découvrir comment le nom d’un homme religieux est-il devenu un apéritif intemporel !
Dans la catégorie « jeudi en gourmandise« , je vais parler de Félix Kir (à la mode de Stéphane Berne) -pages 47-48-

Stéphane Bern

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne passait pas inaperçu ! Jacques Chaban-Delmas, alors Président de l’AN, disait du religieux et homme politique Kir (1876-1968) : « c’est une figure ! » En effet, ce truculent personnage marqua les rangs des Députés des IV et Ve République. Pensez donc, à 91 ans, il est réélu Député de Cote-d’Or pour la 7e fois ! Que diriez-vous, pour fêter cette victoire, de boire un petit blanc-cassis plus connu sous le nom de Kir ? Porter un toast en l’honneur de quelqu’un avec un apéritif qui porte son nom, en voilà une chose peu commune !

Félix Kir vient d’une famille lorraine (coucou Mamylor) établie dans un village près de Dijon. Son grand-père aurait transformé leur vrai nom de famille Curé en Kir en arrivant en Bourgogne. Félix a très tôt la vocation et entre au séminaire. Un Curé dans les ordres, voilà une information qui ne s’invente pas ! D’abord vicaire, il est affecté aux services  de santé durant la Grande Guerre avant d’être nommé chanoine (conseiller de l’évêque) en 1928. Egalement conférencier et rédacteur au journal catholique Le Bien du Peuple, Félix Kir participe aux grands débats de l’époque et se distingue par son patriotisme. Rien d’étonnant donc au fait qu’il commence à s’impliquer dans la ville de Dijon à la fin des années 1930 (il n’hésite d’ailleurs pas à prendre le képi pour faire la circulation dans les rues de la ville), et qu’il s’engage dans la Résistance. Kir fera ainsi évader 5 000 prisonniers de guerre français d’un camp près de Dijon, sera sérieusement blessé dans un attentat dirigé contre lui et, à la Libération, se verra nommé secrétaire du comité départemental. Entré en politique, le chanoine refuse lors des élections municipales et législatives de 1945 de s’allier aux Partis traditionnels. Il crée donc sa propre liste d’Union sociale et est élu député-maire de Dijon, mandat qu’il occupera jusqu’à sa mort en 1968.

Lors des réception officielles, le chanoine institue la tradition de servir du Bourgogne aligoté additionné de liqueur de cassis, rencontre de deux produits du terroir bourguignon. Particulièrement féru de cet apéritif créé en 1841 par un cafetier dijonnais, le député-maire est même connu pour transporter dans son cabas une bouteille de blanc et de la liqueur de cassis lorsqu’il se rend à l’Assemblée ! Lejay-Lagoute, un fabricant dijonnais de crème de cassis -je vous conseille leur Kir royal !-, pense alors à utiliser le nom du député-maire populaire pour faire la promotion du blanc-cassis. Kir accepte volontiers : dès 1951 son nom est associé à son apéritif favori ! En 1967, le chanoine Kir entre dans le dictionnaire -autrement dit de son vivant, une véritable consécration !

Tchin tchin !
Bouillon Chartier-kir

Jeudi en dictée

J’ai eu envie d’ouvrir mon livre de dictées d’hier et d’aujourd’hui. Après les agapes des Fêtes, la brioche des Rois et en attendant la Chandeleur et les bugnes de Mardi Gras, je vous propose une dictée gourmande !

dictées

Car Littérature & Gourmandise vont très bien ensemble.  J’apprends ainsi que Alexandre Dumas Père était un gastronome prolifique. Il nous a laissé son Grand dictionnaire de cuisine dont l’édition originale de 1870 ne comporte pas moins de 3 000 recettes.

Picasso-Soller
Expo Picasso – Soller -Baléares- mai2017

« Les trois sortes de gourmandise
De même qu’il y a trois sortes d’appétits, il y a trois sortes de gourmandises.

Il y a la gourmandise que les théologiens ont placé au rang des sept péchés capitaux, celle que Montaigne appelle « la science de la gueule ». Elle a un superlatif, qui est la gloutonnerie. (…)

A côté de côté de cette gourmandise, qui est celle que nous pourrions nommer la gourmandise des esprits délicats : c’est celle que chante Horace et que pratique Lucullus ; c’est le besoin qu’éprouvent certains amphitryons de réunir chez eux quelques amis, jamais plus nombreux que les Muses, amis dont ils s’efforcent de satisfaire les goûts et de distraire les préoccupations. C’est, parmi les modernes, celle de Grimod de la Reynière et des Brillat-Savarin.

De même que l’autre gourmandise a un augmentatif, « gloutonnerie », celle-ci a un diminutif « friandise ».  Le gourmand exige la quantité, le friand, la qualité. (…)

La troisième gourmandise, pour laquelle je n’ai que des lamentations, est celle des malheureux atteints de boulimie, maladie qui attaqua Brutus après la mort de César, ceux-là ne sont ni des gourmands, ni des gourmets, ce sont des martyrs. Ce fut sans doute dans un accès de cette fatale maladie qu’Esaü vendit à Jacob son droit d’aînesse pour un plat de lentilles. »

Et vous, quelle « gourmandise » pratiquez-vous ?